Comme certains d’entre vous m’en ont fait la demande, je décide aujourd’hui de parler d’une communauté importante pour les Etats Unis car ces personnes sont les véritables fondateurs de l’Amérique, je veux parler des amérindiens. 

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Environ 2 millions aujourd’hui, les American Indians vivent pour une petite moitié d’entre eux dans les réserves de l’Ouest, leurs terres leur ayant été confisquées par les gouvernements fédéraux successifs. Il existe plus de 300 réserves fédérales et 500 tribus indiennes reconnues officiellement. Certaines de ces réserves, celle des Navajos dans l’Arizona par exemple, sont de très grande taille (5 à 6 départements français)
 
Au XVIIIème siècle, en dépit de la North West Ordinance (1787) qui clame que les Indiens ne seront jamais spoliés de leurs biens ni de leurs terres, les colons auront recours aux massacres pour s’approprier leurs terres et poursuivre leur politique de conquête de l’Ouest.
 
L’extermination des bisons et la construction des chemins de fer brisera définitivement leur résistance.
 
La loi Dawes de 1887 et l’Indian Reorganization Act de 1934 établissent une politique d’assimilation. Le New Deal redonne une certaine autonomie aux Indiens, autonomie qui sera étendue dans les années 60. Mais la politique à leur égard ne suit pas une ligne directrice stable, partagée entre le fait de leur accorder un statut séparé ou d’en faire des Américains comme les autres. Les Indiens ne sont citoyens américains que depuis 1924.
 
Les Indiens se battent aujourd’hui devant les tribunaux où ils demandent la restitution de leurs terres, biens et droits. Des organisations telles que le National Congress of American Indians fondé en 1944 et le National Indian Youth Council, fondé en 1961, refusent l’assimilation pure et simple et cherchent à défendre les valeurs et les traditions de leur peuple.
 
En 1992, un Indien, Ben Nighthorse Campbell, du Colorado, a été élu au Sénat.
 
De nos jours, les Indiens sont essentiellement regroupés dans les Etats du Sud et de l’Ouest (Oklahoma, Utah, Californie, Arizona, Nouveau-Mexique).

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Ils ont hélas un niveau d’instruction très en dessous de la moyenne nationale, puisque moins de 10 % des Indiens ont un diplôme de 1er cycle universitaire. La jeunesse indienne est l’une des plus inadaptées, scolairement parlant. De façon plus générale, cette inadaptation de la société américaine se traduit par un très fort taux de suicide, plus du double de la moyenne nationale.
 
Si la majorité des Indiens vit encore dans des régions rurales, pratiquant l’artisanat, la pêche, l’élevage, certains groupes ont aussi choisi de travailler en ville. Dans l’ensemble, ils vivotent dans des emplois sans qualification, avec un taux de chômage 7 fois supérieur à la moyenne nationale. Sur la réserve Navajo, par exemple, 40 % sont sans emploi. Le revenu familial moyen des Indiens est égal à 70 % du revenu national.
 
Certains s’en sortent grâce au jeu : depuis 1988 en effet, une loi les autorise à ouvrir des casinos dans les réserves, et les Indiens s’en sont fait une spécialité. 
 
Mais dans leur majorité, les Indiens vivent en marge de la société américaine ; leurs conditions de vie demeurent précaires, une proportion importante d’entre eux vivent de l’assistance publique (plus d’un tiers sont recensés comme pauvres). Ils sont doublement dépendants : vis-à-vis du gouvernement fédéral qui leur concède environ $ 3 milliards par an, aide sérieusement entamée dans les années 80 sous le gouvernement Reagan, et vis-à-vis des sociétés énergétiques qui exploitent les ressources naturelles des réserves où ils résident sans leur verser en contrepartie les redevances suffisantes.
 
Ils ne sont en fait guère reconnus, même si leur réalité culturelle reste fortement marquée. Tel est le dilemme des Indiens aujourd’hui : s’ajuster aux modes de vie de la société américaine moderne tout en conservant leurs traditions et leur vision bien particulière du monde. Leur avenir est aujourd’hui du ressort de Bureau of Indian Affairs qui dépend du ministère de l’Intérieur.
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