La survie des colonies américaines et plus tard de la jeune nation des Etats-Unis ne fut jamais garantie, loin s’en faut. Les pionniers du début du xvii e siècle – y comprisdans les avant -postes prospères – devaient affronter des conditions de vie rigoureuses, la pénurie de vivres, les maladies et le dur labeur. La « colonie perdue » de Roanoke, en Virginie, est une preuve solide des difficultés qu’ils rencontrèrent.

Deux siècles plus tard, dans les années 1800, les Américains cheminaient vers l’ouest après avoir franchi le Mississippi ; ils laissaient alors le confort relatif des villes pour rechercher de nouveaux territoires et atteindre la côte pacifique. La survie des colonies et la capacité d’explorer les territoires de l’Ouest furent décisives pour la création et l’expansion des Etats-Unis. Deux jeunes Amérindiennes – Pocahontas et Sacagawea – jouèrent un rôle essentiel dans ces efforts. Ces deux femmes furent des figures phares, au propre et au figuré, pour les colons qu’elles rencontrèrent. Alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, Pocahontas servit d’intermédiaire entre les tribus indiennes et les premiers Européens, sauvant la vie d’un explorateur et faisant office de médiatrice à une époque où les relations étaient tendues entre les deux groupes. Pour sa part, Sacagawea participa à la première expédition américaine destinée à dresser la carte des terres situées à l’ouest du Mississippi. Grâce à ses connaissances des langues tribales et des territoires de l’Ouest, les premiers explorateurs américains atteignirent le Pacifique et en revinrent sains et saufs.Image hébérgée par hiboox.com

Pocahontas est née vers 1595 dans la tribu amérindienne des Algonquins, Pocahontas allait devenir une figure de légende. En fait, elle fut une femme qui chercha à apporter la paix dans la vie des premiers colons américains, ainsi qu’à son peuple. Pocahontas était la fille de Powhatan, puissant chef de la tribu des Algonquins dans le territoire de l’actuelle Virginie. On ne peut l’affirmer avec certitude, mais Pocahontas vit des colons européens probablement pour la première fois au printemps 1607, lorsque le capitaine John Smith débarqua avec d’autres colons à Jamestown. Smith lui-même devait décrire plus tard l’événement décisif de sa vie au cours duquel la jeune Pocahontas joua un rôle crucial. Smith relate qu’il fut capturé par les Algonquins et menacé de mort. Se précipitant entre Smith et son bourreau, Pocahontas plaida pour la vie du capitaine. Image hébérgée par hiboox.com

Son voeu fut exaucé et une amitié s’établit. On raconte que Pocahontas continua à venir en aide aux nouveaux colons, leur apportant des vivres et leur transmettant des messages de son père de temps à autre. Alors que les tensions grandissaient entre les colons et les Algonquins, un Anglais dénommé Samuel Argall enleva la jeune fille et exigea une rançon avant d’accepter un accord. Après que les relations entre les Algonquins et les colons se furent améliorées, Pocahontas épousa l’Anglais John Rolfe.

Bien que la date demeure incertaine, Pocahontas s’était convertie au christianisme avant son mariage et avait adopté le prénom de « Rebecca ». Fait important pour l’avenir des colonies, ce mariage allait contribuer à apaiser les tensions entre les colons et les Algonquins. En 1616, Pocahontas, accompagnée de son mari et de leur jeune fils, effectua un voyage en Angleterre qui eut un grand retentissement. Pocahontas fut présentée au roi Jacques I er et à la famille royale. Le moment le plus saisissant pour elle fut sans doute sa rencontre avec le capitaine Smith, qu’elle croyait mort depuis de nombreuses années. Lors du voyage du retour, Pocahontas devait contracter une maladie mortelle qui l’emporta en mars 1617. Elle est enterrée à Gravesend, en Angleterre. Même si Pocahontas mourut jeune, son histoire romantique continue de parler à l’imagination des Américains. Elle est devenue une figure mythique, comme l’attestent les nombreux récits, livres, tableaux et même films – récemment Le Nouveau Monde – inspirés de sa vie, ainsi que les villes, les écoles et un fort de la guerre de Sécession qui portent son nom. Image hébérgée par hiboox.com

Sacagawea, quant à elle, était membre de la bande des Lemhis de la tribu indienne shoshone dans l’actuel Idaho, Sacagawea fit preuve de force et d’intelligence pendant l’expédition de Lewis et Clark (1804-1806) qui visait à explorer les terres menant à la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Dans son enfance, Sacagawea (un nom signifiant peut-être « Lanceur de bateau » ou « Femme oiseau ») fut capturée par une tribu rivale. Puis à la suite d’une vente ou d’un échange elle devint la propriété d’un trappeur canadien français, Toussaint Charbonneau, qu’elle devait épouser plus tard. A l’âge de 16 ans environ, Sacagawea donna naissance à un fils près de Fort Mandan dans les territoires des Dakotas de l’Ouest des futurs Etats-Unis. En 1805, son mari fut engagé pour participer à une nouvelle expédition conduite par Meriwether Lewis et William Clark, que le président Thomas Jefferson avait chargés de trouver une voie d’accès vers le Pacifique. Sacagawea, qui parlait plusieurs dialectes indiens, fit rapidement ses preuves – comme interprète, guide, symbole des intentions pacifiques de l’expédition pour les autres tribus, et même comme diplomate lorsque l’expédition rencontra la bande des Lemhis, dont son frère était devenu le chef. Elle fit en sorte que les Lemhis fournissent des chevaux, des vivres et des abris, c’est-àdire tout ce qui rendait le voyage possible. Sacagawea transporta son bébé, Jean-Baptiste, et s’en occupa tout au long de ce difficile périple. 

Après l’expédition, Sacagawea et son mari vécurent quelques tempq à Saint Louis avant de retourner dans les Dakotas. On pense qu’elle mourut en 1812, mais une femme agée affirmant être Sacagawea décéda en 1884. En 2000, une pièce d’un dollar fut frappée à l’éffigie de Sacagawea portant son enfant sur le dos.

Ptit Tigrou

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