De grands hommes tels que George Washington, Thomas Jefferson et Alexander Hamilton dominent les récits de la guerre d’Indépendance (1775-1783) qui donna naissance aux Etats-Unis d’Amérique. Ces Pères fondateurs tiennent également le premier rôle pendant la période difficile qui suivit l’Indépendance, lorsque la jeune nation luttait pour donner une forme légale aux idéaux exprimés dans la Déclaration d’Indépendance. Ils rédigèrent la Constitution et la Déclaration des droits, persuadèrent les treize Etats autonomes de s’unir en une « Union plus parfaite » et créèrent le gouvernement démocratique de la nouvelle nation.

Les Américaines jouèrent aussi un rôle important durant cette période, même s’il n’est reconnu que depuis peu. Nombre d’entre elles tenaient les fermes et les affaires familiales pendant que les hommes étaient en train de faire la guerre ou de façonner la paix. D’autres allaient à la bataille aux côtés des hommes, soignant les blessés et enterrant les morts.

Les vies d’Abigail Adams et de Margaret Corbin nous révèlent que les femmes de l’époque révolutionnaire avaient autant d’ardeur patriotique que les hommes et étaient tout aussi déterminées à jouir de « la liberté et de la recherche du bonheur ». Abigail Adams avec une plume et Margaret Corbin derrière un canon, montrèrent que les femmes furent de précieuses partenaires dans la création d’une nation démocratique qui garantit aujourd’hui l’égalité des droits à tous ses citoyens.

Epouse du deuxième Président des Etats-Unis et mère du sixième, Abigail Adams est aussi célèbre pour avoir défendu les droits des femmes, notamment le droit à l’instruction. Sa correspondance volumineuse est pleine d’esprit et d’aperçus saisissants des premières années de sa chère nation. Elle partagea et contribua à orienter la pensée politique et la carrière de son mari, et excella dans la gestion de leur ferme et de leurs finances.Image hébérgée par hiboox.com Née à Weymouth, dans le Massachusetts, Abigail Adams ne reçut pas vraiment d’instruction, comme la plupart des femmes de cette époque. Elle était néanmoins une lectrice passionnée, et ce, dès son plus jeune âge. Elle épousa John Adams en 1764. Leur union qui dura cinquante-quatre ans fut, comme le reflète leur correspondance, heureuse, affectueuse et intellectuellement animée. Les fréquents voyages de son mari entraînaient de longues séparations, pendant lesquelles elle devait donc élever leurs quatre enfants survivants et gérer les affaires familiales seule, tout en étant le principal confident politique de son mari. En 1776, elle formula son plus vibrant appel en faveur des droits des femmes dans une lettre adressée à Adams, alors membre du Congrès continental qui déclara l’indépendance à l’égard de la Grande-Bretagne.Image hébérgée par hiboox.com « Dans le nouveau Code de lois que, je présume, vous devrez instituer, je vous prie de ne pas oublier les femmes et d’être plus favorable et généreux envers elles que vos ancêtres. ». Sa requête était le premier appel en faveur de l’égalité des droits que les femmes obtiendraient peu à peu. Lorsque l’armée de George Washington essuya des pertes au cours de la même année, elle écrivit avec audace que les forces britanniques affronteraient à la place « une race d’Amazones en Amérique ».

Abigail Adams rejoignit son mari à Paris et à Londres lorsqu’il y servit en qualité de représentant diplomatique de la nouvelle nation. Elle assuma son rôle d’hôtesse quand Adams devint le premier vice-président du pays en 1789, puis président en 1797. Battu par Thomas Jefferson lors de l’élection de 1800, John Adams se retira dans leur maison du Massachusetts, où sa femme et lui profitèrent des années qui leur restaient à vivre jusqu’à la mort d’Abigail en 1818. En cette triste occasion, son fils John Quincy Adams, futur président, lui rendit hommage avec tendresse dans son journal : « Il n’est aucune vertu qui puisse habiter le coeur d’une femme qui n’ait embelli le sien. »

 Image hébérgée par hiboox.comMargaret Cochran Corbin, quant à elle, combattit aux côtés de son mari pendant les deux premières années de la guerre d’Indépendance. Elle fut la première femme dont le courage et le sacrifice furent reconnus par une pension du gouvernement américain pour les invalides de guerre. Née près de Chambersburg, en Pennsylvanie, Margaret Corbin devint orpheline dès l’âge de cinq ans quand des Indiens attaquèrent et tuèrent ses parents. Elle épousa John Corbin à l’âge de 21 ans et l’accompagna lorsqu’il s’enrôla dans l’Armée continentale au sein de la première compagnie d’artillerie de Pennsylvanie. A l’instar des autres femmes qui suivaient les troupes, elle cuisinait, faisait la lessive et soignait les malades ou les blessés. Le 16 novembre 1776, les troupes britanniques et hessoises attaquèrent Fort Washington, dans l’Etat de New York, et John Corbin, l’un des artilleurs en défense, fut abattu. Margaret Corbin, à ses côtés pour l’aider a charger le canon, continua à charger et tirer jusqu’au moment où elle fut à son tour touchée par de la mitraille, qui lui déchira l’épaule et la blessa à la poitrine et à la mâchoire.Image hébérgée par hiboox.com

Ses compagnons d’armes l’emmenèrent dans un hôpital de Philadelphie, mais elle ne se remit jamais complètement de ses blessures et resta avec le bras gauche mutilé. En reconnaissance de son courage, le Congrès continental lui accorda une pension d’invalidité de 50 % à vie. Elle fut officiellement rendue à la vie civile en avril 1783.

Connue de ses voisins sous le surnom de « Captain Molly », elle mourut près de West Point, dans l’Etat de New York, probablement avant son cinquantième anniversaire. En 1926, les Filles de la Révolution américaine firent procéder à une nouvelle inhumation de sa dépouille à l’Académie militaire de West Point. Une plaque de bronze dédiée à « la première Américaine qui participa en soldat à la Guerre pour la Liberté » commémore son courage et son esprit d’initiative près du lieu de la bataille, aujourd’hui Fort Tryon Park, à New York.

 

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