La disponibilité de produits alimentaires bon marché, conjuguée à un mode de vie sédentaire, a un effet néfaste sur le tour de taille des Américains.

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En effet 2/3 des adultes présentent une surcharge pondérale, ou pire, ils sont obèses. Les soins médicaux prescrits pour traiter les problèmes de santé qui résultent de cet état de fait coûtent aujourd’hui plus de 100 millions de dollars par an. L’ampleur du problème commence à être mieux cernée ; du coup, des millions de dollars sont consacrés à l’achat de produits de régime, l’accent est mis sur la nécessité de faire de l’exercice et les restaurants proposent des repas à calories réduites.
 
Les Américains ont la chance d’avoir à leur portée une nourriture d’une diversité et d’une abondance sans précédent. Sollicités de tous bords par des formules de repas pratiques, séduisants et peu coûteux, mais souvent riches en calories, beaucoup d’Américains cèdent aux excès alimentaires. Manger plus et se dépenser moins, c’est la recette pour voir l’obésité monter en flèche, et c’est ce qui se passe. Les conséquences pour la santé sont profondes, les fardeaux sociaux considérables. Un nombre croissant d’Américains se rendent compte qu’ils doivent procéder à des choix intelligents face à l’abondance des produits alimentaires.
 
Pendant la majeure partie des 6 millions d’années de son existence sur Terre, l’homme a vécu de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Ne sachant jamais quand il pourrait avoir son prochain repas, l’Homo sapiens a évolué de manière à survivre en cas de pénurie alimentaire.
 
L’agriculture moderne a mis fin aux pénuries alimentaires en Amérique, mais ce n’est qu’au cours des quelques dernières années que le régime alimentaire et les changements du style de vie ont produit une obésité généralisée. L’un de ces changements, c’est que les Américains consomment davantage de produits transformés. Savoureux et pratiques, ils reviennent normalement à moins cher par calorie que les fruits et les légumes non préparés. Mais la transformation des produits alimentaires s’accompagne souvent de l’ajout d’aromatisants, tels le sucre (11 % des calories consommées en 1970 contre 16 % aujourd’hui), d’huiles et de substances féculentes.
 

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Par ailleurs, les Américains sont aujourd’hui plus enclins qu’avant de manger au restaurant, en particulier dans les établissements à service rapide. Les Américains sortent pour manger 2 fois plus souvent qu’ils ne le faisaient dans les années 1970, et sur chaque dollar consacré à l’alimentation plus de 40 cents sont dépensés au restaurant. Les Américains ont d’ailleurs un faible en particulier pour la restauration rapide. Ses ventes ont progressé de 200 % au cours des 20 dernières années, à tel point que, chaque jour de la semaine, un Américain sur quatre mange dans un restaurant à service rapide. Comme le coût par calorie est peu élevé, les Américains ont pris l’habitude de consommer des portions généreuses : par rapport à il y a 20 ans, la taille des hamburgers a augmenté de 23 %, celle des boissons gazeuses de 52 %.

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La modification des habitudes alimentaires est liée au changement du style de vie. Les Américains vivent souvent seuls, et dans les ménages le mari et la femme exercent fréquemment une activité professionnelle. Quand le temps dont on dispose pour la planification et la préparation des repas est réduit, les produits alimentaires transformés séduisent. On peut réchauffer un repas surgelé en quelques minutes au four à micro-ondes. Les restaurants à service rapide proposent même un service d’achat au volant. Ces repas contiennent sans doute plus de « calories vides » (c’est-à-dire dépourvues de valeur nutritive) qu’un repas préparé à la maison, mais c’est une concession qu’acceptent souvent les Américains à court de temps.
 

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Des changements d’un autre type affectent la seconde partie de l’équation concernant l’obésité – celle de la dépense physique. Les personnes actives brûlent les calories qu’elles consomment. Or de plus en plus d’Américains vivent dans des quartiers où les commerces et leur lieu de travail ne sont accessibles que par voiture ou par les transports en commun. Au cours des 25 dernières années, les déplacements à pied et à bicyclette ont diminué de 40 %. Dans le même temps, la nature du travail s’est modifiée. Moins de travailleurs américains exercent une activité industrielle ardue ; ils sont plus souvent installées devant un écran d’ordinateur et manipulent des données. De surcroît, les loisirs à la maison, qui se résument souvent à la télévision et à l’Internet, contribuent au déclin général de l’activité physique, ce qui rend plus difficile encore la tâche de perdre des kilos. Fait révélateur, l’obésité est un problème moindre à New York, où les déplacements à pied sont plus courants que dans pratiquement toutes les autres villes du pays.

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Ces facteurs ont conduit tout droit à l’augmentation rapide et malsaine du tour de taille des Américains. Le nombre de personnes trop grosses, voire obèses, a progressé de 74 % depuis 1991. Les 2/3 des adultes tombent dans l’une de ces deux catégories.
 
Ces phénomènes sont lourds de conséquences pour la santé. Les soins médicaux qu’ils entraînent se chiffrent à plus de 100 millions de dollars par an. On estime à 300 000 au moins le nombre d’Américains qui meurent chaque année d’états pathologiques liés à l’obésité, tels le diabète et les maladies cardiaques ; l’obésité serait même aujourd’hui le principal facteur de décès prématuré des Américains. Aussi graves que soient ces statistiques, elles ne révèlent pas la mesure dans laquelle l’accumulation excessive de kilos empêche les individus de prendre part à toutes sortes d’activités courantes de l’existence et d’y prendre plaisir.
 

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L’obésité généralisée est un phénomène récent, mais beaucoup d’Américains sont conscients qu’ils doivent faire attention à leurs habitudes alimentaires et à leur style de vie. Les consommateurs dépensent chaque année quelque 34 millions de dollars pour des produits de régime. Les résultats varient, parce que le contrôle du poids exige l’adoption de saines pratiques alimentaires et qu’il n’y a pas de solution miracle. L’introduction de produits de  grignotage plus sains, mais qui restent pratiques, et la disponibilité accrue de plats de résistance compatibles avec les régimes minceur sont des signes encourageants. Même l’industrie de la restauration rapide fait état d’une hausse de 16 % des ventes de salades composées par rapport à l’année dernière.
 
Pour perdre de l’embonpoint et rester en bonne santé, il faut surveiller son alimentation et juger d’un oeil critique la façon dont on vit au quotidien. Les Américains sont de plus en plus nombreux à se rendre compte qu’ils ne peuvent pas se livrer à toutes sortes d’excès même si leurs ressources alimentaires semblent illimitées, à nous maintenant de faire attention.
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