Le base-ball et le basket-ball et, à un moindre degré, le football américain frappent l’imagination des sportifs et des mordus du sport du monde entier. Les joueurs étrangers s’y distinguent de plus en plus dans les équipes professionnelles et universitaires. Cette tendance se manifeste également dans d’autres sports tels que le hockey sur glace et le soccer.
Ce phénomène culturel exceptionnel s’opère dans les deux sens : d’un côté, les rencontres sportives américaines sont diffusées dans le monde entier par la télévision et par des liaisons d’Internet omniprésentes ; de l’autre, les vedettes étrangères affluent depuis quelques années sur les terrains et patinoires des ligues professionnelles et des grandes universités américaines.
C’est ainsi que Jaromir Jagr, ailier et marqueur hors pair de l’équipe de hockey des « Ranger » de New York, a présidé à une véritable invasion de joueurs de talent en provenance d’Europe orientale et de l’ex-Union soviétique.
 

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Au base-ball, Sammy Sosa n’est que l’une des nombreuses vedettes émigrées de République dominicaine pour s’imposer dans les Ligues majeures. Des vedettes d’Extrême-Orient, à l’image du Japonais Ichiro Suzuki et du Coréen Chan Ho Park, ont fait monter en flèche la popularité de ce sport en Asie.
Au basket-ball, le centre chinois Yao Ming, l’excellent tireur allemand Dirk Nowitzki et le Brésilien Nene Hilario ou encore le français Tony Parker ont quitté des équipes locales peu connues pour briller dans la NBA.
En athlétisme féminin, des étrangères se sont imposées dans les rangs universitaires. Enfin, encouragées par la popularité du basket dans des pays comme le Portugal et le Brésil, des joueuses étrangères ont internationalisé l’Association nationale de basket féminin (WNBA).
« Ce sont maintenant des jeux pour le monde entier », affirme le Serbe Vlade Divac, ex-centre des Sacramento Kings. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Les dépisteurs de talents et entraîneurs américains étaient autrefois des altruistes solitaires qui aidaient les sportifs des pays en voie de développement par amour du sport. Cette présence étrangère ne parvenait cependant pas à influencer les principales associations sportives professionnelles américaines, qui restaient dominées par des joueurs natifs des États-Unis.

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La situation a commencé à changer il y a une vingtaine d’années lorsque les publics étrangers se sont intéressés aux émissions télévisées de sports professionnels américains, en particulier le basket-ball. Les jeunes se sont mis à acheter des maillots de joueurs américains, à regarder, même de nuit, des matches transmis en direct à la télévision et à imiter sur leurs terrains de jeux les mouvements des joueurs américains. À quoi pouvait-on attribuer ce nouvel engouement ? En deux mots : Michael Jordan.

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Plus qu’aucun autre sportif, la charismatique super vedette des « Bulls » de Chicago a mondialisé le sport américain. Par la hauteur vertigineuse de ses sauts, par la grâce de ses mouvements, Michael Jordan a incarné le rêve américain. À partir des années 1980, il a rapporté des centaines de millions de dollars et est devenu l’un des personnages les plus connus à travers le monde. Certes, les États-Unis produisent depuis longtemps des superstars de la culture mondiale. En musique, Michael Jackson et Madonna ont vendu des millions d’albums à travers le monde. Des acteurs comme Eddie Murphy et Richard Gere sont célèbres de New Delhi à Dakar. Mais l’essor spectaculaire des sports américains fait plus que de vendre des maillots – il leur procure un nouveau et puissant réservoir de talents.
 
Image hébérgée par hiboox.comLe football américain a, lui aussi, acquis une popularité mondiale, mais sur une plus petite échelle. Depuis des années, la National Football League (NFL) recrutait des footballeurs étrangers comme spécialistes des transformations, notamment des joueurs devenus légendaires aux États-Unis comme le Danois Morten Anderson, le Sud-Africain Gary Anderson et le Portugais Olindo Mare. Néanmoins, les étrangers restaient rares dans un sport très peu connu en dehors de l’Amérique du Nord. L’internationalisation du football américain a été stimulée par le lancement de la NFL-Europe, qui a permis à quelques néophytes européens de jouer contre des professionnels américains de second rang. Par ailleurs, nombre de joueurs de la NFL sont les fils d’immigrants d’endroits comme le Mexique ou l’Afrique de l’Ouest.
 

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En ce qui concerne le hockey sur glace, le plus gros obstacle au recrutement de joueurs étrangers par des équipes américaines avait toujours été d’ordre politique. Ce sport a toujours joui d’une grande popularité en Europe septentrionale et orientale ainsi que dans l’ex-Union soviétique, mais pendant des décennies, le gouvernement soviétique avait empêché les meilleurs joueurs de quitter leur pays ou de signer des contrats professionnels.Image hébérgée par hiboox.com Tout a changé à la fin des années 1980 quand le rideau de fer a entamé sa chute, déclenchant une ruée de joueurs en provenance de Russie. Fetisov, qui fut le premier à partir, a remporté deux coupes Stanley avec les Detroit Red Wings. Il a été suivi du brillant buteur Pavel Bure et de l’agile Serge Zubov, qui, dans son enfance, avait joué au hockey sur les étangs glacés de Moscou. « J’avais entendu parler de la NHL (National Hockey League) mais jamais je n’avais pensé en faire partie. Cette idée ne nous venait même pas à l’esprit. » Or à l’heure actuelle, plus de soixante joueurs de l’ex-Union soviétique sont membres de cette association.
Après les Russes, on a vu apparaître Jaromir Jagr qui, durant son enfance, avait trait des vaches dans une ferme de la République tchèque. Il choisit pour son maillot le numéro 68 en hommage à la résistance de son pays à l’invasion soviétique, en 1968. Jaromir Jagr dit que ce
numéro évoque l’histoire de son pays.

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Le base-ball américain quant a lui n’a pas eu besoin de traverser l’Atlantique pour trouver un vaste réservoir de nouveaux talents. Tout le monde pouvait en voir dans les champs de canne à sucre et les zones urbaines miséreuses de pays d’Amérique latine comme le Venezuela, Panama et surtout la République dominicaine. Pendant des décennies, un petit nombre de joueurs latino-américains avaient donné aux mordus du base-ball une idée du panache et du talent qui existaient de l’autre côté de la frontière sud des États-Unis. Ces dix dernières années, les talents ont afflué et, à l’heure actuelle, plus du quart des joueurs de base-ball des Ligues majeures sont originaires de l’étranger. Ce ne sont ni la télévision ni l’Internet qui ont appris à des jeunes de la République dominicaine comme le cogneur Sammy Sosa ou le lanceur Pedro Martinez à jouer au base-ball. « Beisbol » était déjà le sport favori des habitants de cet État caraïbe depuis son apparition sur ses rives, il y a de cela plus d’un siècle.

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Presque toutes les équipes des Ligues majeures ont aujourd’hui leur propre camp d’entraînement dans l’île et d’autres prospecteurs parcourent Panama, le Venezuela et le reste de l’Amérique centrale à la recherche de nouvelles vedettes. Cuba, qui possède certains des meilleurs joueurs du monde, pourrait se révéler être un réservoir encore plus riche mais le gouvernement communiste de Fidel Castro fait de son mieux pour empêcher les sportifs de quitter leur pays. L’Extrême-Orient est également un important marché nouveau, comme le montrent les vedettes japonaises et même coréennes qui affluent aux États-Unis pour faire leurs preuves.
 
Si désormais les sports américains sont mondialement connus, on le voit, ça vient du fait que le pays n’a jamais cessé d’accueillir des jeunes talents, qui peu à peu ont construit un palmarès et une histoire forte au sport américain et c’est sans nulle doute que dans les années à venir, cette politique de recrutement hors frontière ne va pas cesser, peut être verrons nous un jour de très jeunes talents rentrer au panthéon du sport américain et pourquoi pas mondial.
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