Image hébérgée par hiboox.com Nouveau focus cinéma sur un film qui sort aujourd’hui et qui va s’en doute marqué nos écrans français, il s’agit de « Zodiac ». Au delà du film le réalisateur s’est inspiré d’une histoire vraie.
 
En effet le Zodiac, appelé aussi le tueur du Zodiaque (The Zodiac Killer) est un tueur en série non identifié à qui est attribuée une série de meurtres commis dans le nord de la Californie dans les années 1960 et 70.

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Le nombre total de ses victimes reste incertain. Il est soupçonné d’avoir tué au moins cinq victimes dans les villes de Benicia et Vallejo, au lac Berryessa près de Napa et à San Francisco entre décembre 1968 et octobre 1969. Dans son livre consacré au tueur, Robert Graysmith établit une liste de 49 noms. Le tueur a revendiqué 37 victimes.
 
Les victimes connues du Zodiaque étaient pour la plupart de jeunes couples qui se trouvaient dans leur voiture, à l’arrêt, à la tombée de la nuit dans un endroit retiré (parking, lac). Dans deux cas, le tueur s’est approché très rapidement et a immédiatement ouvert le feu depuis l’extérieur de la voiture. Dans une autre affaire, il ligota un couple et discuta assez longuement avec eux avant de les agresser au couteau (la jeune fille mourut, son ami survécut et put raconter la scène). On attribue également au Zodiaque le meurtre d’un chauffeur de taxi en pleine ville (il aurait très probablement été contrôlé par deux policiers quelques instants après le meurtre mais sans être appréhendé, la radio de la police annonçant par erreur un suspect de couleur noire) et l’enlèvement d’une femme qui parvient à s’échapper en sautant en marche de la voiture de son ravisseur. Dans tous ces cas modus operandi, témoins, survivants et lettres anonymes du Zodiaque indiquent que le tueur était une seule et même personne.

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Le surnom du tueur provient de ses nombreuses lettres envoyées à la presse, incluant quatre cryptogrammes, dont trois n’ont à ce jour toujours pas été élucidés. Les premiers seront déchiffrés après une semaine par un professeur et sa femme. Les lettres sont également signées par un symbole ressemblant à une croix celtique ou à la visée d’un fusil de précision, un symbole également gravé avec la pointe d’un couteau sur une portière de la voiture d’une des victimes.

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Plusieurs milliers de suspects seront interrogés au cours des décennies. En avril 2004, la police de San Francisco clôt officiellement l’affaire, bien que l’identité du tueur demeure inconnue et qu’il n’existe pas de loi de prescription pour le meurtre. L’affaire reste ouverte dans le comté de Napa et à Vallejo. Parmi les suspects principaux figurèrent Arthur Leigh Allen, que Robert Graysmith considère comme le tueur présumé, et Theodore John Kaczynski, surnommé l’Unabomber, qui à l’époque des meurtres résidait à Berkeley.
 
Autres personnes suspectés : Andy Walker, Arthur Leigh Allen, Bruce Davis, Lawrence Kane, Michael O’Hare, Rick Marshall …
 

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L’affaire a inspiré de nombreux films, dont The Zodiac Killer, réalisé par Tom Hansen avec très faible budget et sorti dès 1971, Zodiac Killer un film de Ulli Lommel sorti en 2005, The Zodiac, réalisé par Alex Bulkley et sorti en 2006, et donc Zodiac, réalisé par David Fincher qui sort ce jeudi. Le personnage présumé de Zodiac a par ailleurs inspiré les incarnations de nombreux autres tueurs en série de cinéma.
Au niveau de l’histoire du film, on retrouve en gros la même trame que l’histoire réelle. Zodiac est aussi librement basé sur les romans « Zodiac » (1986) et « Zodiac unmasked : the identity of America’s most elusive serial killer revealed » (2002) du journaliste Robert Graysmith, qui y relate son expérience dans l’affaire. Dans le long métrage de David Fincher, c’est le jeune Jake Gyllenhaal (Le Secret de Brokeback Mountain) qui incarne Robert Graysmith à l’écran.
 
Avec Zodiac, le réalisateur David Fincher a connu le même sentiment obsessionnel connu par les trois protagonistes qui eurent affaire avec le Tueur du Zodiaque et dont le désoeuvrement et la détresse sont narrés dans le long-métrage. Fincher s’est impliqué à 100% dans l’Affaire, effectuant le parcours du légendaire serial killer avec plusieurs des enquêteurs originaux, compulsant quelque 10 000 pages de rapports et documents, interviewant les survivants, les proches des victimes, ou encore la famille d’un des principaux suspects, ancien enseignant pédophile condamné pour attouchements.
 

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Zodiac est raconté à travers trois destins, dont celui du dessinateur Robert Graysmith, qui livra une enquête impressionnante sur le Tueur du Zodiaque, écrivant notamment deux livres sur le sujet. David Fincher raconte : "Il ne pouvait se contenter d’être un spectateur distant, il fallait qu’il joue un rôle actif dans cette histoire. N’étant pas reporter, il prit sur son temps libre pour enquêter, alors que la plupart des investigateurs officiels avaient abandonné leurs recherches. Tout ce que nous avons inclus dans le film est issu de ses prospections, mais chaque détail a été confirmé par les rapports de police et les entretiens que nous avons menés de notre côté. (…) Pour traiter une affaire comme celle-ci, on doit également prendre en considération le fait qu’un grand nombre de gens sont convaincus que Robert s’est trompé sur certains points, et que leur propre interprétation est la bonne.". Le réalisateur David Fincher, qui a grandi en Californie lorsque sévissait le Tueur du Zodiaque, était sans doute l’un des mieux placés pour retracer son histoire sur grand écran. Il raconte : "Dans mon quartier, les gosses de mon âge en avaient une peur bleue. Allait-il se pointer au bout de la rue, se glisser dans la cour de notre école, monter dans notre bus ? Chacun redoutait le Zodiac."
 

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Au delà du grand écran, Robert Graysmith, le vrai, aura passé une grande partie de son existence à mener l’enquête sur le Tueur du Zodiaque. Il dresse un bilan de cette expérience qui l’aura marqué au fer rouge, lui et nombre de personnes : "Je pense que ma principale contribution, parallèlement à mes interviews, à mes recherches de témoins et de suspects évanouis dans la nature, aura été de visiter chaque commissariat, d’étayer toutes les données et de les partager pour faire avancer l’enquête. Cela a toujours été ma motivation première et mon espoir au long de ce tumultueux voyage qui aurait pu nous détruire un par un. Beaucoup ont payé dans leur chair le prix de cette longue traque et de leur attachement fasciné à ce tragique mystère. Il y eut plus d’un divorce et plus d’une carrière brisée, notamment celle d’un brillant reporter qui y laissa sa santé. Pour la police, ce fut une litanie d’échecs, une source inépuisable de frustrations." 

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Le film en lui-même peut être vu comme un documentaire. En effet, pour le scénariste et producteur James Vanderbilt, Zodiac est une adaptation atypique, notamment en raison de l’énorme documentation que David Fincher et son équipe avaient à leur disposition. Il explique : "Lorsque vous vous lancez dans une adaptation de cette ampleur, vous n’êtes sûr que d’une chose : la nécessité de devoir sacrifier, in fine, plus des trois-quarts du matériau originel. Personne ne peut faire tenir un livre entier dans un film d’une durée normale. Mais, ici, nous disposions non seulement de deux livres, mais d’une tonne d’interviews. Notre grand avantage était d’avoir choisi de raconter l’histoire de personnages qui se laissent envoûter par le Zodiac : Graysmith, au premier chef, mais aussi des policiers et un reporter. Cette abondance de données servait notre propos, car elle suscitait constamment de nouvelles hypothèses, de nouveaux entretiens, de nouvelles investigations. Zodiac est un des films les plus documentés que je connaisse, et il ne fait pourtant que gratter la surface au regard de l’énorme masse d’informations qui s’est accumulée au fil de trois décennies."
 
A l’heure où le monde du cinéma international est en ébullition avec l’ouverture du Festival de Cannes, sachez que le film Zodiac est présenté en Compétition officielle. Au niveau des premières critiques, l’ensemble de la presse est unanime et voit dans ce film un gros succès.
 
Jubilatoire, angoissant, souvent drôle, bien écrit, splendidement et magistralement dirigé, Zodiac est un film d’investigation adulte, d’une sobriété hallucinante, fascinant de la première à la dernière minute sûrement le premier grand film américain de 2007, et sans aucun doute l’un des événements les plus réjouissants du Festival de Cannes.
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