WASHINGTON – L’aigle d’Amérique, le symbole des Etats-Unis, dont la population était tombée à quelques centaines de couples dans les années 60, a repris de la hauteur et été officiellement retiré de la liste des espèces en danger.

 
"Aujourd’hui, je suis fier d’annoncer que l’aigle est de retour", a solennellement déclaré le secrétaire américain à l’intérieur Dirk Kempthorne lors d’une cérémonie à Washington.
 
En 1963, le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), une espèce unique au continent américain, était en voie de disparition dans 48 Etats américains.
 
Il ne restait alors plus que 417 couples de ces majestueux oiseaux au bec et aux serres jaune vif qui peuvent déployer des ailes d’une envergure de 2,50 mètres.
 
L’aigle à tête blanche, choisi comme emblème national en 1782, devient en 1967 une espèce à protéger, la première aux Etats-Unis. L’animal, qui se nourrit surtout de poissons et de petites proies, a toutefois continué de prospérer en Alaska et au Canada.
 
Quarante ans plus tard, on compte 10.000 couples de ces aigles sur le territoire américain.

 
"Ce redressement est un triomphe (…). Aujourd’hui l’aigle s’envole de la liste des espèces en danger", a déclaré le secrétaire à l’intérieur, sous les yeux de "Challenger", un pygargue à tête blanche présent à la cérémonie.
 
L’annonce se déroulait au pied du mémorial Thomas Jefferson, philosophe et homme d’Etat américain, principal auteur de la constitution, qui lui-même participa au choix de l’aigle à tête blanche comme emblème national américain.
 
Un contingent de scouts, dont l’aigle symbolise la plus haute des patrouilles, était convié ainsi que des représentants d’organisations de défense des animaux et des membres du ministère de la défense, dont les bases de l’armée ont servi de refuges à des plateformes de reproduction de l’animal.
 
L’interdiction de l’insecticide DDT en 1972, qui avait notamment pour effet de fragiliser la coquille des oeufs de ces oiseaux et donc de mettre en danger leur reproduction, a compté pour beaucoup dans la préservation de l’animal.

 
"Nous célébrons aujourd’hui le retrait de l’aigle du statut des espèces menacées après une longue et difficile récupération qui n’aurait pas été possible sans l’interdiction du DDT", a signalé Michael Bean, le président de l’organisation de défense de l’environnement, Environmental Defense Wildlife Program.
 
"Challenger", un aigle à tête blanche sauvé il y a quelques années et élevé par des humains, s’est prêté avec bonne volonté à la cérémonie, effectuant un court vol au-dessus des invités.
 
"Pour la vie sauvage, c’est un jour digne de celui où l’homme a marché sur la lune", s’est exclamé Jim Lyon, vice-président de la National Wild Life Federation.
 
Mais il a noté qu’"avec l’impact grandissant du réchauffement climatique, beaucoup d’autres espèces (avaient) besoin d’être aidées". "Le travail doit continuer", a lancé M. Lyon.
 
Quelque 1.300 espèces sont sur la liste des animaux en danger aux Etats-Unis.
 
Le pygargue à tête blanche, qui peut mesurer 90 cm de haut et peser plus de six kilos pour les femelles, obtient son plumage caractéristique brun foncé avec la tête et la queue blanche, à l’âge de 4 ou 5 ans. Sa large envergure d’ailes lui permet de voler à une vitesse de 95 km/h, voire de 160 km/h lorsqu’il plonge sur une proie que sa vue peut discerner à 8 km à la ronde, six fois la capacité de l’oeil humain.
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