Profitant des évènements actuellement aux Etats-Unis, continuons à aborder le thème du pouvoir avec la a_la_maison_blanche_image_diaporama_paysagetélévision. Les films « Les Hommes du Président », « Nixon » et dernièrement « JFK » avaient prouvé que la politique offrait un terreau propice à une dramatisation et pouvaient assurer un solide divertissement cinématographique comme une réflexion critique sur le pouvoir américain. 

Pour la première fois, une série s’inscrivait dans ce créneau : A la Maison Blanche (The West Wing). Toute série TV, et fiction en général, doit dans l’ordre divertir, faire réfléchir puis faire réagir. A la Maison Blanche est la seule à avoir su cumuler ces trois objectifs.

Lancé en 2000, A la Maison Blanche osait proposer aux spectateurs américains une série politique basée entièrement sur la vie quotidienne de l’aile ouest de la Maison Blanche. Un exercice brillamment mené par Aaron Sorkin qui nous livre ici une passionnante fresque politique. 

martinsheen_image_diaporama_portraitLa série a choisi de traiter d’une manière la plus réaliste les coulisses du pouvoir et du milieu politique américain, comme Urgences pour le milieu médical. A la Maison Blanche raconte la politique d’un point de vue intime, à travers des personnages complètement dévoués à leur travail. Le casting est de premier choix avec bien sûr Martin Sheen, mais aussi des acteurs confirmés comme Rob Lowe (Bad Influence, Wayne’s World) et John Spencer (The Rock, Cop Land). La série fait aussi éclater trois énormes talents : Bradley Whitford (Josh Lyman), Richard Schiff (Toby Ziegler) et surtout la multi récompensée Allison Janney (CJ Cregg).

S’il y a un personnage que Sorkin ne devait pas rater, c’est bien sûr le Président des Etats-Unis. Personnage culte, souvent caricaturé ou fantasmé au cinéma comme à la télévision, il est cette fois-ci la vedette du show. C’est un personnage qui suscite le respect et l’admiration, de part sa fonction, mais aussi un personnage très humain, non sans quelques défaut. Son penchant pour la cigarette, son sens de l’humour et son tempérament soupe au lait nous rendent le Président éminemment sympathique. a_la_maison_blanche_image_diaporama_paysage1Mais le Président Bartlett est aussi un érudit, fort d’un charisme impressionnant, qui ne manque pas une occasion de faire valoir ses connaissances auprès de ses conseillers, souvent avec humour mais jamais ennuyeux.

Le Président Bartlett est aussi un discret mais fervent catholique. Une foi qui ne rentre jamais en compte dans ses décisions mais qui nous prouve ainsi que la religion peut ne pas entraver la politique dans un pays où les deux sont souvent emmêlés.

Patriotique à mort, la série célèbre constamment les valeurs américaines, à la_la_maison_blanche_image_diaporama_portrait2’image du générique où le drapeau américain est omniprésent, elle montre aussi l’importance du pouvoir et du symbole que représente le Président des Etats-Unis. Le moindre détail, le geste le plus anecdotique déclenche un émoi national ou un incident diplomatique.

Ce qui fait la grandeur de la série, ce sont les thèmes abordés, du plus basique au plus complexe et la manière dont les personnages y apportent leurs jugements et les actions qui peuvent être mené dans de pareilles situations. La série nous permet par exemple de prendre conscience de la difficulté de gouverner un pays, notamment via le nombre affolant de paramètres (lobbys, syndicats, opinion publique, opposition, presse…) à intégrer à chaque décision du Président.

Visuellement, la série est extraordinairement belle. La reproduction des lieux est soignée et le spectateur se voit immergés au cœur du pouvoir américain. La vie du bureau oval y est retranscrite à merveille et la manière de filmer, vive et appliqué, nous plonge au cœur de l’histoire. a_la_maison_blanche_image_diaporama_paysage2

Impertinente, riche, drôle… A la Maison Blanche redonne un coup de jeune à la politique tout en offrant une vraie réflexion sur la démocratie, et plus globalement, sur le monde dans lequel nous vivons. Une série qui nous ouvre les portes d’un monde qui nous est inconnu où la moindre décision peut avoir des conséquences démesurées. A la Maison Blanche est une série citoyenne, dans le sens noble du terme. Tous les sujets qu’elle a successivement abordés font écho à notre société et dépasse largement le seul cadre américain.

Preuve en est, lors de la septième saison, on assiste au déroulement de la campagne présidentielle opposant le sénateur Arnold Vinick, républicain, vieillissant, et le candidat démocrate Matthew Santos, jeune latino élu dans le dernier épisode Président des Etats-Unis, étant ainsi le premier Président latino de l’histoire des Etats-Unis à accéder au plus haut poste, ça ne vous rappelle rien ???

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