Le jazz est apparu aux États-Unis, en Louisiane, précisément à la Nouvelle-Orléans, à la fin du XIXe siècle ou début XXe siècle. Il est le fruit du métissage entre la culture européenne importée par les colons français, allemands, espagnols et irlandais et celle du peuple noir américain issu de l’esclavage. L’une des principales influences du jazz, outre les chants religieux et les work songs (chants de travail des esclaves dans les plantations de coton) fut le blues.field2

Un événement important dans le développement du jazz fut le durcissement des lois de Jim Crow sur la ségrégation raciale en Louisiane, dans les années 1890. Les musiciens professionnels de couleur ne furent plus autorisés à se produire en compagnie de musiciens blancs ; en revanche, ils trouvèrent facilement du travail parmi les fanfares et les orchestres noirs, qu’ils firent profiter de leur expérience de conservatoire.

À l’aube de la Première Guerre mondiale, on assista à une libéralisation des coutumes. Des salles de danse, des clubs et des salons de thé ouvrirent leurs portes dans les villes, et des danses noires telles que le cakewalk et le shimmy furent peu à peu adoptées par le public blanc, principalement les jeunes (les flappers). La plupart du temps, la musique de ces danses n’avait rien à voir avec le jazz, mais c’était une musique nouvelle, et l’engouement pour cette nouvelle musique expliquait l’engouement pour une certaine forme de jazz.armstrong

L’apparition des phonographes permit par la suite, la diffusion de cette nouvelle musique. C’est l’enregistrement du premier disque en 1917 par l’Original Dixieland Jass Band (ironiquement un orchestre de musiciens blancs) qui marque la naissance officielle du jazz. 

King Oliver a été le chef d’un premier orchestre important, le « Creole Jazz Band » dont fera partie notamment le maitre du jazz, Louis Armstrong. Lors de quelques enregistrements spécifiquement destinés au public noir (les race records) Louis Armstrong amena une première évolution décisive du jazz : il jouait avec un orchestre typique de La Nouvelle-Orléans, ces orchestres où tous les musiciens improvisent simultanément. Mais Louis était un improvisateur hors pair, capable de créer des variations infinies à partir d’un même thème. Ses musiciens l’imitèrent, non plus tous en même temps, mais chacun leur tour. C’est ainsi que le jazz devint une forme de musique en solo.

 

 

L’apparition des salles de danse influença le milieu du jazz de deux façons : les musiciens se firent plus nombreux, puisqu’ils commençaient à pouvoir vivre de leur musique, et le jazz – comme toutes les musiques populaires des années vingt – adopta le rythme 4/4 de la musique de danse.

Au milieu des années 1920 jusqu’à l’avènement du bebop dans les années 1940, on a vu l’essor d’un courant musical appelé l’ère des bigs bands et du swing.476px-Duke_Ellington_at_the_Hurricane_Club_1943

Lors des années 1920, la prohibition de la vente de boissons alcoolisées aux États-Unis a fermé les bars et les cabarets légaux. Mais ils furent rapidement remplacés par des bars clandestins où les clients venaient boire et écouter de la musique. Les airs que l’on y entendait demeuraient un mélange de styles – des morceaux de danse à la mode, des chansons récentes, des airs extraits de spectacles. Cette période marqua la naissance de l’orchestre de Duke Ellington, au Cotton Club, ainsi que de l’orchestre de Count Basie, formé à partir de plusieurs groupes de Kansas City. La danse évolua elle aussi avec la musique, ainsi naquit au début des années 30 dans la communauté noire-américaine le Lindy Hop (ou Jitterbug) qui devint un phénomène national dès 1935, avec la popularisation des big bands blancs avec en particulier Benny Goodman.a9705~Cotton-Club-Posters

Les premiers développements du jazz subirent l’influence de la ségrégation raciale, qui était alors très forte aux États-Unis. Au milieu des années trente, la popularité du swing et des big bands était à son sommet, transformant en stars des musiciens tels que Glenn Miller ou Duke Ellington.

Dans les années 1940, plus précisément 1944-1949, de nombreux musiciens d’orchestre se lassent de la rigidité des big bands et de la structure swing. Ils se réunissent (« after hours ») en petits groupes après les concerts ou les sessions d’enregistrement avec des orchestres plus importants et laissent libre cours à leur virtuosité sur des rythmes très appuyés. C’est la naissance du be-bop qui marque une évolution importante axée sur l’habileté technique des musiciens et une plus grande complexité rythmique et harmonique. Ce fut un changement majeur pour le jazz : de musique de dancing, il devenait un art intellectuel de premier rang.

 

Dans les années 50, c’est l’apparition du latin jazz, qui permis au jazz de se diversifier et ainsi de prendre des accents afro-bresilo-cubain qui sentent bon, le mojito bien frais !!! Le latin jazz a surtout pris son essor après la mort de Charlie Parker. Des musiciens comme Dizzy Gillespie et Billy Taylor ont commencé des groupes qui utilisent les styles Afro-cubain et brésilien. L’on vit ainsi naitre la bossa nova.jazz_1220216627

Mélangeant les influences de jazz, de samba, de musique classique et de musique populaire, la bossa nova remporta au commencement des années 60, un succès planétaire avec la chanson A Garota de Ipanema (The Girl from Ipanema, en anglais). Par la suite, les styles latins comme la bossa nova et la samba sont devenus une partie intégrale du vocabulaire musical du jazz.jazz

Plus tard dans les années 80, le smooth jazz, variante très accessible du jazz, fit son apparition, mêlant des sonorités douces, plus souvent instrumental que chanté, qui utilise souvent divers synthétiseurs, accompagnée d’une mélodie par un instrument jouant en solo. Le smooth jazz est très vendeur aux États-Unis, mais aussi très controversé, parce que considéré par les amateurs de jazz traditionnel, comme pauvre musicalement et uniquement commercial.

 

 

On l’a vu, peu de mouvements musicaux sont en effet aussi particuliers que le jazz qui, en un peu plus de cent ans, a eu une histoire d’une belle complexité : parti d’un socle afro-américain, le jazz a et une succession d’évolutions et de révolutions, lesquelles provoquent tour à tour l’adhésion ou le rejet du public et des critiques (parfois contradictoires). " Est-ce du jazz ? " a été et est encore une question qui se pose souvent au sujet de tel ou tel album, artiste,… La majorité des musiciens considèrent cependant qu’ils jouent du jazz, malgré l’extrême diversité des musiques que l’on classe désormais sous ce nom.

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