Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis

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Voilà quelques jours que nous entendons parler des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. On voit le Président Obama en campagne à travers les différents états américain mais avons nous réelement eu une explication de ce que s’apprete à vivre le pouvoir executif et législatif américain dans les prochains jours ??

Les élections de mi-mandat (en anglais Midterm elections) sont des élections aux États-Unis où l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants des États-Unis, 33 ou 34 des 100 sièges du Sénat américain et plusieurs législatures ou gouverneurs d’états américains sont renouvelés. Ces élections interviennent à la moitié du mandat du président des États-Unis d’où leur nom.

36 des 50 états américains élisent leur gouverneur lors de ces élections, 34 pour un mandat de 4 ans, tandis que le Vermont et le New Hampshire l’élisent pour un mandat de deux ans (ils tiennent donc également une élection gouvernatoriale lors de l’élection présidentielle). De nombreux états américains tiennent également ce jour des élections pour différentes fonctions locales (états ou comtés).

Les élections de mi-mandats interviennent le mardi suivant le premier lundi du novembre (Election Day)

Les dernières élections de mi-mandat ont eu lieu le 7 novembre 2006. Les prochaines sont prévues pour le 2 novembre 2010.

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Barack Obama croqué par les dessins de presse

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Barack Obama réalise son rêve américain

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Obama Président

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BARACK OBAMA EST ELU PRESIDENT DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE

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Le démocrate Barack Obama a remporté mardi une victoire historique et écrasante sur son adversaire républicain John McCain, devenant, à seulement 47 ans, le premier Noir élu président des Etats-Unis.

 

Carte des résultats

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XXXXX : Etat acquis par Barack Obama

XXXXX : Etat acquis par John Mc Cain

BARACK OBAMA RECOLTE 349 GRANDS ELECTEURS CONTRE 163 POUR JOHN MC CAIN

Le Vice-Président des Etats-Unis

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A l’heure ou le candidat démocrate Barack Obama annonce officiellement le nom de son colistier à l’élection présidentielle américaine de 2008. S’il venait à être élu, c’est l’expérimenté Joseph Biden, qui endosserait les fonctions de Vice-Président des Etats-Unis.

Cette évènement dans l’actualité nous permet de s’intéressait aujourd’hui à une fonction de la scène politique américaine qui pour nous français est totalement inconnu, celle de Vice-Président.600px-US_Vice_President_Seal_svg

Le Vice-président des États-Unis est le premier sur la ligne de succession présidentielle, il succède au Président en cas de décès, démission, incapacité ou impeachment de ce dernier. Il est élu en même temps que ce dernier par le même collège électoral de grands électeurs.

Bien que considéré comme le second personnage de l’exécutif américain, la Constitution américaine ne donne aucun rôle exécutif au vice-président. Il peut se voir attribuer des fonctions par le Président des États-Unis mais il n’agit alors que comme un agent du président.

Beaucoup de vice-présidents dans le passé n’ont exercé aucun rôle dans l’exécutif.

Constitutionnellement, le vice-président est le président ex officio du Sénat des États-Unis. Ce rôle ne lui octroie que peu de pouvoir sur les affaires de l’État et le cantonne à un travail essentiellement procédural. Il est tenu de ne pas intervenir dans les débats au Sénat. Cependant, il a la possibilité, en cas d’égalité au Sénat, de faire jouer sa voix pour éviter le blocage de la Chambre haute.09-troops-v2566-28-db-398h

Le douzième amendement de la Constitution des États-Unis déclare que « aucune personne constitutionnellement inéligible à la fonction de Président ne sera éligible à celle de Vice-président des États-Unis. » Cependant contrairement à la limitation de deux mandats imposé à la Présidence par le XXIIe amendement de la Constitution, il n’y pas de restriction du nombre de mandats que peut exercer une personne à la Vice-présidence.

Pour servir à la Vice-présidence, une personne doit être :05-redroom-v2520-23-db-398h

 

  • né citoyen américain et avoir au moins 35 ans ;
  • avoir vécu aux États-Unis pendant au moins 14 ans ;
  • être éligible au poste de Président (tel que défini dans le XXe amendement).

Le candidat à la vice-présidence des principaux partis politique est formellement choisi lors de la Convention de chaque parti qui se tient quelques mois avant l’élection, à la suite du choix de leur candidat à la présidence. v011606db-0061-398h

Le processus officiel est le même que pour le choix du candidat à la présidence avec un vote des délégués lors de cette Convention. Dans la pratique, le candidat à la présidence influe considérablement sur le choix et au cours du XXe siècle, il est devenu habituel que ce dernier, une fois assuré de l’investiture de son parti, choisisse son running mate, son candidat à la vice-présidence, formant alors un ticket pour l’élection. Ce choix est ensuite entériné les délégués de la Convention.

Le choix du candidat à la vice-présidence repose sur des considérations hautement électorales : un candidat qui puisse renforcer le candidat à la Présidence dans des États (le ticket Kennedy-Johnson de 1960) ou dans des domaines de compétences (les tickets Clinton-Gore en 1992 ou Bush-Cheney en 2000) où il manifeste des lacunes. Le choix peut aussi permettre d’unifier le parti et de le mettre en bonne ordre de bataille pour la campagne électorale dans le cas de primaires divisant le parti.08-afii-v1554-12-db-398h

Pendant les 200 premières années de l’histoire des États-Unis, la vice-présidence sera essentiellement un rôle honorifique, sauf en cas de décès du Président.

En 1933, Franklin D. Roosevelt accru la stature du Vice-président en renouvelant la pratique de le convier aux réunions du Cabinet, ce qui sera maintenu par tous les présidents par la suite. Après la mort de Roosevelt, Truman devint président. Le besoins de garder le vice-président au courant des questions de sécurité national devint clair. Le Congrès fit donc du vice-président l’un des quatre membres statutaires du Conseil national de sécurité en 1949.

À partir de 1961, le rôle de vice-président va prendre de l’ampleur avec la nomination, par le Président John F. Kennedy, du vice-président Lyndon B. Johnson à la tête, entre autres, du programme spatial national (qui devait par la suite devenir la NASA).

Le Président Jimmy Carter fut le premier président a formellement accordé à son vice-président, Walter Mondale, un bureau dans l’aile Ouest de la Maison Blanche et lui donna quelques responsabilités. Bill Clinton et son vice président Al Gore étendront le rôle du vice-président, Gore s’impliquant au Conseil national de sécurité et possédant de nombreuses prérogatives dans les domaines économiques et des affaires étrangères.03-phone-v2532-21-db-398h

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, le Président donne de larges pouvoirs à Dick Cheney, créant un exécutif à deux têtes pour que l’État ne soit pas paralysé en cas d’attaque terroriste contre le Président Bush, contraint par les circonstances et son manque de connaissance des dossiers, voit plus son vice-président comme un bras droit que comme un remplaçant en retrait des affaires publiques.

Souvent le vice-président va prendre des positions plus extrêmes que le Président pour contenter la base sans couper le Président de l’opinion publique. Il peut aussi servir de remplaçant au Président pour les visites à l’étranger : montrer le soutien ou l’intérêt du gouvernement sans pour autant envoyer le Président en personne.

En cas d’incapacité du vice-président, c’est le speaker de la Chambre des représentants des États-Unis, deuxième sur la ligne de succession présidentielle qui est nommé président.

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L’actuel vice-président des États-Unis est Richard Bruce "Dick" Cheney depuis 2001.

Les bureaux officiels du vice-président se situent dans le Old Executive Office Building, à proximité immédiate de l’aile Ouest (West Wing) de la Maison Blanche où il peut d’ailleurs, suivant sa proximité avec le Président, également disposer d’un bureau.01-oval-v2334-11-db-398h

Sa résidence officielle est depuis 1974 le Number One Observatory Circle, une maison sur les terrains de l’Observatoire naval des États-Unis à Washington. Auparavant, il résidait dans son domicile privé.

Un Vice-Président en France ?

L’idée n’est pas absurde est a même été évoqué par le Premier Ministre, François Fillon en juillet 2007. Il a évoqué, lors d’un tchat, l’idée, en France, d’un système bicéphale. Si le pays y était prêt, François Fillon ne verrait aucun inconvénient à la disparition du Premier ministre. Dans la France « audacieuse » qu’il entend bâtir, le chef de l’Etat serait aussi le chef du gouvernement. Il serait assisté d’un vice-président. « La logique des institutions que je souhaite, si on la pousse jusqu’au bout, c’est le vrai régime présidentiel. On a un président de la République qui dirige le gouvernement lui-même», a expliqué François Fillon, précisant toutefois qu’à son avis, « la France n’est pas aujourd’hui prête à accepter un système comme celui-là ».

Affaire à suivre, en tout cas, Nicolas Sarkozy, qui s’inspire dans sa manière de gouverner de celui des Etats-Unis à certainement déjà penser à un système double et à la nomination qui sait, un jour ou l’autre, d’un Vice-Président à la française.

Barack Obama incarne l’avènement d’une nouvelle génération.

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Le parcours remarquable de Barack Obama, conjugué à sa campagne électorale menée de main de maître pour l’investiture du parti démocrate à la présidentielle de 2008, ouvre un nouveau chapitre dans les annales de la politique aux États-Unis.060922_BarackObama_Xtrawide

Le premier candidat noir à recevoir l’investiture d’un grand parti politique à une présidentielle, Barack Obama a un passé qui sort de l’ordinaire. Né d’un père kényan et d’une mère blanche issue de l’Amérique profonde, il se fait découvrir sur la scène nationale en galvanisant son auditoire lorsqu’il prononce le discours principal à la convention nationale du parti démocrate tenue en 2004, l’année même où il est élu sénateur, représentant l’Illinois au Congrès. Tout juste 4 ans plus tard, il devance tous ses concurrents en lice, vieux routiers du parti démocrate, dans la course à l’investiture du parti pour la Maison-Blanche.

Orateur au style distingué, maître dans l’art de l’éloquence et des joutes oratoires émouvantes, capable de susciter l’enthousiasme des jeunes électeurs et habile usager de l’internet dont il a su faire un outil de sa campagne, Barack Obama est bel et bien un candidat du XXIe siècle. Pour autant, il possède aussi les connaissances pratiques qui ont de tout temps formé la clé de voûte des campagnes électorales, ce qui lui a notamment permis de sortir vainqueur d’une guerre de tranchée politique, longue de 5 mois et parfois brutale, après avoir éliminé son principal rival pendant les primaires, la sénatrice Hillary Clinton.barack-obama-devant-le-capitole_1206907718

Deux thèmes sous-tendent sa campagne, à savoir la nécessité de rejeter la formule du « business as usual » qui caractérise Washington et la volonté d’amener les Américains à l’idéologie et aux origines sociales et raciales diverses à s’unir pour le bien commun.

« Il n’y a pas une Amérique libérale et une Amérique conservatrice – il y a les États-Unis d’Amérique », déclare-t-il dans son discours à la convention nationale du parti démocrate en 2004. « Il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino-américaine et une Amérique asiatique ; il y a les États-Unis d’Amérique… Nous formons un seul peuple, nous tous prêtant allégeance au drapeau, nous tous œuvrant à la défense des États-Unis d’Amérique. »

Les premières années

Les parents de Barack Obama sont issus de milieux très différents. Sa mère, Ann Dunham, est née et a grandi dans une petite ville du Kansas. Quand sa famille s’installe à Hawaï, elle fait la connaissance de Barack Obama père, étudiant boursier kényan qui est inscrit à l’Université d’Hawaï. Ils se marient en 1959 et, le 4 août 1961, Barack Obama naîtra à Honolulu. Deux ans plus tard, son père quitte sa nouvelle famille, d’abord pour continuer ses études de troisième cycle à Harvard, ensuite pour occuper un poste d’économiste dans le gouvernement kényan. Le jeune Obama ne reverra son père qu’une seule fois, à l’âge de dix ans.barack-obama-father

Il a six ans quand sa mère se remarie, cette fois à un cadre de l’industrie pétrolière, de nationalité indonésienne. La famille va vivre en Indonésie et, quatre ans durant, le jeune garçon fréquente une école de Djakarta, la capitale. Il finira par regagner Hawaï pour vivre avec ses grands-parents maternels le temps de poursuivre ses études secondaires.

Dans son premier livre, Rêves de mon père, il décrit les troubles de son existence d’adolescent, plus nombreux que de coutume, tandis qu’il s’efforce de donner un sens à son héritage biracial, phénomène encore relativement rare à l’époque aux États-Unis. Le fait d’avoir ses racines tant dans l’Amérique noire que dans l’Amérique blanche pourrait avoir contribué à forger la vision panoramique qu’il apportera dans l’arène politique bien des années plus tard et qui reflète sa compréhension des deux points de vue.obama-with-grandmother

Une fois de plus, Barack Obama quitte Hawaï, cette fois pour Los Angeles, où il va rester deux ans, le temps de faire des études à Occidental College. Il ira ensuite à New York pour suivre des cours à l’université Columbia, dont il sortira titulaire d’une licence ès-lettres en 1983. Son séjour de relativement courte durée à New York éveille en lui le désir de faire du travail de terrain parce qu’il voit le gouffre qui sépare l’élite cossue de la ville des habitants des ghettos aux prises avec toutes sortes de maux sociaux dévastateurs.barack-obama-stepfather

Les années passées dans l’Illinois

En quête d’une identité et désireux de donner un sens à son existence, Barack Obama quitte son poste de rédacteur financier pour une société de consultants à vocation internationale sise à New York et il part pour Chicago en 1985. Là, il s’investit dans le combat social en faisant du travail de terrain pour une coalition d’églises des quartiers sud de la ville, où vit une population afro-américaine pauvre, durement touchée par la transformation de Chicago, cet ex-centre manufacturier qui a cédé la place au secteur tertiaire.

« C’est dans ces quartiers que j’ai reçu la meilleure éducation de ma vie et où j’ai compris la signification réelle de ma foi chrétienne », racontera Barack Obama des années plus tard en annonçant sa candidature à la présidence des États-Unis.

Il remporte des succès tangibles dans cette entreprise, donnant aux habitants des quartiers sud les moyens de s’exprimer sur des questions aussi diverses que le redéveloppement économique, la formation à l’emploi et l’assainissement de l’environnement. Pour lui, son rôle essentiel consiste à mobiliser les simples citoyens à la base pour qu’ils forgent des stratégies locales propres à favoriser l’autonomisation politique et économique.BarackObamaHS

Après trois années d’efforts soutenus, Barack Obama arrive à la conclusion qu’il faut s’impliquer à un échelon plus élevé, dans l’arène du droit et de la politique, pour améliorer véritablement le sort des collectivités en détresse. Dès lors, il s’inscrit à la faculté de droit de l’université Harvard, où il se distingue en étant le premier Noir à être président de la prestigieuse revue Harvard Law Review et à sortir diplômé en 1991.

Avec un bagage aussi impressionnant, Barack Obama décide de regagner sa ville d’adoption, Chicago, où il travaille comme avocat spécialiste en droits civils et enseigne le droit constitutionnel à l’université de Chicago. En 1992, il épouse Michelle Robinson, elle-même diplômée de la faculté de droit de Harvard, et il participe à des campagnes d’inscription sur les listes électorales à Chicago pour appuyer la candidature de démocrates, dont Bill Clinton.vote-for-barack-obama

Fermement attaché au principe du service public, il brigue son premier poste électif en 1996 et intègre ainsi l’assemblée législative de l’Illinois en qualité de sénateur représentant Chicago. À de nombreux égards, cette démarche s’inscrit dans le prolongement logique de ses premières activités d’organisateur communautaire, et sa conception de la politique s’en ressent dans une grande mesure : dans son esprit, il incombe aux hommes politiques de faciliter la mobilisation des citoyens et de forger des coalitions de vaste portée.

« Les Afro-Américains qui invoquent exclusivement le racisme comme obstacle à leur réussite se fourvoient profondément s’ils continuent d’ignorer les forces économiques de plus grande ampleur qui sont responsables de la précarité économique de tous les travailleurs – blancs, hispaniques et asiatiques », affirme-t-il à l’époque. La réforme de la fiscalité, les réductions d’impôts accordées aux travailleurs à faible salaire et les améliorations apportées au système de justice criminelle de l’État comptent au nombre des initiatives qu’il met en place tout au long de ses huit années de service au sénat de l’Illinois.

La scène nationale

En 2000, Barack Obama tente pour la première fois de se faire élire au Congrès, mais il doit s’incliner devant son rival démocrate, Bobby Rush, qui sollicite le renouvellement de son mandat à la Chambre des représentants où il représente Chicago. Découragé par son échec brutal lors des primaires mais désireux d’étendre son influence au-delà de la législature de l’Illinois, il persuade sa femme qu’il devrait briguer un siège au Sénat, dernière tentative pour faire avancer sa carrière politique dans un jeu de quitte ou double.20070809_FIG000000142_18112_1

La course aux élections sénatoriales de 2004 avait tourné à la débandade l’année précédente quand le sénateur sortant, Peter Fitzgerald (républicain), avait annoncé son intention de ne pas se représenter. Sept démocrates et huit républicains décident de briguer l’investiture de leur parti respectif. Barack Obama triomphe facilement de ses adversaires démocrates, remportant une plus grande part du scrutin (53 %) que ses six opposants réunis.

À l’époque, les républicains détiennent une infime majorité au Sénat, où ils occupent cinquante et un sièges sur cent, et les démocrates voient dans l’élection pour le poste de représentant de l’Illinois un élément crucial dans leurs efforts visant à reconquérir la majorité en novembre (en fait, ils n’y parviendront qu’en 2006). Le désir de donner un coup de pouce à la campagne de Barack Obama en lui faisant jouer un rôle de premier plan à la convention du parti, ses compétences oratoires bien connues et l’impression très favorable qu’il a déjà faite sur le candidat démocrate à la présidence, John Kerry, sont autant de facteurs qui se conjuguent pour expliquer que c’est à lui qu’on demande de prononcer le discours-phare à la convention d’investiture du parti.barack_obama

Brillant et inspirant, le discours de Barack Obama sur la nécessité de transcender les divisions partisanes et son plaidoyer pour une « politique de l’espoir » et non du cynisme n’ont pas pour seul effet de galvaniser l’assistance ; il catapulte le jeune sénateur de l’Illinois sur la scène nationale, l’étoile montante du parti démocrate. L’automne venu, il remportera aisément le siège convoité au Sénat en obtenant 70 % des suffrages. Si la déroute quasi totale des républicains cette année-là contribue assurément à sa victoire éclatante, celle-ci est néanmoins impressionnante en soi quand on considère qu’il obtient la majorité des voix dans 93 des 102 comtés de l’État, dont les deux tiers des suffrages exprimés par les électeurs blancs.

Il affirme rapidement sa réputation, celle d’être une nouvelle race de politicien, capable de surmonter les fractures raciales traditionnelles.

Au Sénat, ses prises de position lors des votes s’inscrivent dans le droit fil de celles de l’aile libérale du parti démocrate. Son opposition à la guerre en Irak est devenue l’une de ses images de marque, depuis le jour, en 2002, avant même le début de la guerre, où il affirme que toute action militaire serait fondée « non sur une question de principe, mais sur des considérations de politique politicienne ». En outre, il s’emploie à renforcer les normes éthiques au Congrès, à améliorer les soins de santé en faveur des anciens combattants et à accroître le recours aux carburants renouvelables.barack-obama-2

La course à la Maison-Blanche

Quand Barack Obama et sept autres prétendants à l’investiture du parti démocrate commencent à s’organiser en 2007, les sondages révèlent systématiquement que le sénateur de l’Illinois est en deuxième place, derrière la favorite présumée, à savoir la sénatrice de l’État de New York, Hillary Clinton. Mais dès les premiers temps de la campagne pour les primaires, Barack Obama se montre particulièrement habile à mobiliser de fervents partisans, en particulier parmi les jeunes, et dans tout le pays il organise sa campagne électorale sur une base populaire et sollicite des dons via l’Internet.

Mieux connue du grand public, à la tête d’une machine électorale aux rouages bien graissés et bénéficiant de l’appui des cadres du parti démocrate au niveau des États, Hillary Clinton jouit d’avantages que le camp Obama doit surmonter, et il met en place une stratégie novatrice à cette fin : il cible les États qui choisissent leurs délégués par le biais de « caucus », de préférence aux primaires, et se concentre sur des petits États qui votent normalement républicain lors des élections générales. Cette démarche fait fond sur le système de la représentation proportionnelle du parti démocrate, alors que le parti républicain accorde la plupart ou la totalité des délégués au vainqueur des élections dans chaque État.

GYI0000729870.jpg Cette stratégie se révélera payante lors des premiers « caucus » tenus dans l’Iowa, le 3 janvier 2008 : contre toute attente, Barack Obama devance Hillary Clinton. Du coup, tout change ; comme l’explique le Washington Post, « le fait de battre Hillary Clinton (…) a changé la donne en faisant de Barack Obama son principal rival – le seul candidat à avoir le message, le muscle organisationnel et les ressources financières nécessaires pour lui contester le haut du pavé ».

Sa stratégie fera de nouveau la preuve de son mérite le jour du « super mardi », le 5 février, quand 22 États tiennent simultanément leurs élections primaires : le verdict des urnes est un match nul, mais Barack Obama l’emporte haut la main dans des États ruraux de l’Ouest et du Sud. Il remportera dix autres victoires consécutives en février, ce qui lui permet de conforter son avance sur Hillary Clinton du point de vue du nombre de délégués. Sa rivale ne pourra jamais le rattraper.

Malgré la galère des mois de mars et d’avril – ses défaites dans les grands États de l’Ohio, du Texas et de la Pennsylvanie, les propos inflammatoires tenus par un pasteur avec lequel il est lié de longue date, sa dure observation selon laquelle les électeurs en milieu rural « s’accrochent » aux armes à feu et à la religion parce qu’ils sont amers -, Barack Obama prend inexorablement de l’avance sur la sénatrice du New York au point où il devient mathématiquement impossible à cette dernière de triompher de son rival. Finalement, le 3 juin, 5 mois jour pour jour après le début de l’épuisante course à la Maison-Blanche, les jeux sont faits. Fort de sa victoire dans le Montana et avec les « super-délégués » jusqu’alors neutres qui se rallient en nombre croissant à sa cause, Barack Obama détient la majorité des délégués dont il a besoin pour décrocher l’investiture de son parti pour la présidentielle.barack_obama_11

« Parce que vous avez choisi d’écouter non pas vos doutes ni vos craintes, mais vos espoirs et vos aspirations les plus nobles », déclare Barack Obama ce soir-là lors d’un rassemblement à St. Paul, dans le Minnesota, « ce soir nous marquons la fin d’un parcours historique en en commençant un nouveau. »

Une présidence Obama ?

S’il était élu, Barack Obama serait l’un des plus jeunes présidents des États-Unis – quatre seulement l’auraient devancé en âge. Né vers la fin de la génération du « baby boom » (1946-1964), il serait en outre le premier président à avoir atteint la majorité dans les années 1980, ce qui en soit pourrait porter le germe du changement. L’atmosphère dans laquelle il a grandi tranchait profondément sur la phase tumultueuse que traversait la société dans les années 1960 et qui avait façonné les vues des premiers « baby boomers ». Au sujet des élections présidentielles de 2000 et de 2004, que se disputaient des candidats appartenant à une plus ancienne cohorte de la génération de l’après-guerre, Barack Obama ne dira-t-il pas : « J’avais parfois l’impression de voir se dérouler devant moi, sur la scène nationale, le psychodrame de la génération du baby boom – un récit ancré dans les rancœurs d’antan et dans les intrigues revanchardes ourdies dans une poignée de campus universitaires. »who-is-barack-obama

Le slogan qui est son cri de ralliement, « un changement auquel nous pouvons croire », reflète la détermination de Barack Obama à imprimer une nouvelle direction aux États-Unis. Le candidat démocrate prône un calendrier pour le retrait ordonné des troupes de combat en Irak, mais il maintiendrait le déploiement de certains contingents pour des missions d’entraînement et de lutte antiterroriste. En outre, il est partisan de l’accroissement de l’assistance militaire et au développement à l’Afghanistan, de la fermeture de la prison à Guantanamo Bay où sont détenus des terroristes et du renforcement des efforts de non-prolifération nucléaire. En politique intérieure, il veut investir 150 milliards de dollars sur dix ans dans le développement de technologies énergétiques propres, accroître les investissements dans l’éducation et l’infrastructure pour rendre l’économie des États-Unis plus compétitive dans le monde et restaurer la discipline budgétaire au sein du gouvernement.

Qu’il gagne ou qu’il perde en novembre, Barack Obama aura fait œuvre de pionnier en politique. Sa candidature survient précisément au moment où un grand nombre d’Américains pensent que leur pays a besoin de changer fondamentalement de direction.

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