Road Eyes

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Le cow-boy d’hier à aujourd’hui

Un commentaire

 
Si je vous invite à une soirée costumée sur le thème des Etats-Unis, je suis à coup sûr persuadé que vous chercherez à vous déguiser en cow-boy. En effet pour nous français, on se représente souvent le cow-boy comme un symbole américain. Petit je joué comme beaucoup aux cow-boy et aux indiens, sans savoir réellement ce qu’était réellement un cow-boy. Aux Etats-Unis, le cow-boy et un métier, au même titre que berger ou policier, et c’est plus précisément un métier agricole. Le cow-boy vient de l’anglais cow, qui veut dire vache et boy, garçon). C’est un garçon de ferme qui s’occupe du bétail bovin essentiellement dans l’Ouest des États-Unis.

Image hébérgée par hiboox.com

Cette profession est dérivé de celle de vaquero, en vogue au Nouveau-Mexique aux XVIe siècle et XVIIe siècle, mais se distingue de ce simple travail d’ouvrier agricole. En effet, au XIXe siècle les élevages de l’Ouest alimentaient l’ensemble du pays, le cow-boy avait donc pour mission de conduire les bêtes à travers le sud des Grandes Plaines, en l’absence de chemins de fer. Cette transhumance, qui cessa aux alentours de 1890, a donné du cow-boy une image onirique d’homme libre, solitaire, et nomade, en certains points éloignés de la réalité. À la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle, de très nombreux romans et films prirent pour héros des cow-boys courageux, cavaliers émérites et tireurs d’élite prêt à dégainer face aux indiens pour sauver la veuve et l’orphelin. C’est ainsi que le cow-boy s’est transformé en un personnage mythique, incarnant les valeurs américaines, et rejoignant au cœur de l’identité du pays.
 
Quelles sont les origines du métier de cow-boy ?
 
Au XVIe siècle, les conquistadors espagnols explorent les régions situées au nord de la Nouvelle-Espagne et les colonisent à partir du XVIIe siècle. Lors des expéditions d’exploration du Sud-Ouest américain appelé alors « Nouveau-Mexique », notamment lors de l’expédition de Francisco de Coronado en 1540, des bovins s’échappent et retournent à la vie sauvage. Des chevaux espagnols retournent aussi à la liberté : ce sont les mustangs. Lorsque les Espagnols s’installent au Nouveau-Mexique, au Texas puis en Californie, ils introduisent l’élevage d’animaux jusqu’ici inconnus des Amérindiens (moutons, bœufs, chevaux). Les missions franciscaines espagnoles pratiquent alors un élevage extensif, avec l’aide des Amérindiens. Les grands propriétaires mettent les troupeaux de bovins sous la surveillance de vaqueros, des ouvriers agricoles montés sur des chevaux. Ils rassemblent les bêtes au cours du rodear et portent un costume adapté à leur activité : un sombrero pour les protéger du soleil, un bandana pour ne pas respirer la poussière, des jambières et des éperons pour monter à cheval et un lasso afin de capturer les animaux.

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Avec la fin de la domination espagnole et le départ des propriétaires des ranchos, les troupeaux se sont retrouvés à l’état sauvage : un cheptel disponible existe donc alors à l’Ouest. En 1820, lorsque arrivent les premiers colons, la région du Texas actuel compte près de 3,5 millions d’animaux disponibles, les longhorns, surtout situés au Sud où les pâturages sont nombreux et parfois permanents.
En 1832, le Mexique ordonne la dissolution des missions et le partage de leurs terres, qui vont plus souvent aux colons qu’aux Amérindiens. La vente de ces vastes territoires, appelés ranchos, qui étaient jusqu’alors inhabités, intéresse de nouveaux colons. Ces possessions sont surtout utilisées pour l’élevage du bétail par les rancheros, leurs dirigeants, qui sont aidés par les convertis amérindiens des missions. Une élite se forme parmi ces rancheros et prend rapidement de l’importance au sein de la province mexicaine.
Des Américains essaient une première fois de tirer profit de ces animaux, mais pour cela il faut des hommes capables de gérer le bétail : si on les appelle encore les vaqueros, le nom anglais « cow-boy », apparu sur la côte atlantique du pays à la fin du XVIIIe siècle, se diffuse peu à peu en Amérique du Nord. Ils commencent à mener les bêtes à destination des centres de consommation du Missouri ou de la Nouvelle-Orléans. Avec l’indépendance du Texas en 1836, les « rancheros » deviennent « ranchs » ; il faut trouver des débouchés à cette viande : on ouvre de nouvelles pistes, qui conduisent les animaux jusqu’au port de la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Cependant, les troupeaux transmettent une maladie très grave et contagieuse, la Texas Fever (« Fièvre du Texas ») qui contamine en 1852-1853 le bétail des fermiers. Dès lors, ces derniers font tout pour s’opposer au passage des troupeaux sur leurs terres, souvent fusil à la main.

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C’est surtout durant la ruée vers l’or, que le cow-boy arrive a son apogée. De nombreux hommes arrivent en Californie puis dans tout l’Ouest américain. Cet afflux provoque un accroissement de la demande en viande, mais après une tentative réussie de mener les bêtes à Denver, la guerre de sécession emporte l’élevage dans la tourmente.
Alors que les cow-boys texans, puis les rancheros sont mobilisés, la terrible sècheresse de 1862-1863 décime les troupeaux livrés à eux-mêmes. Au départ, l’armée sudiste se nourrit de ce bétail, mais le blocus du Mississippi à l’automne 1863 coupe le dernier débouché des éleveurs qui doivent brader leurs bêtes au Mexique contre le ravitaillement. À la fin de la guerre, le Texas est ruiné, mais bien vite le troupeau se reconstitue : en 1865-1866, 5 millions de bêtes sont à nouveau disponibles.

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Au début des années 1860, l’immigration croissante et l’urbanisation des États-Unis conduisent au développement du marché de la viande bovine, surtout sur la côte Est. De plus, les habitudes alimentaires changent, et la consommation de bœuf remplace peu à peu celle de porc, considéré comme un plat de pauvres. Les médecins de l’époque encouragent la population à manger du bœuf. Enfin, il faut pouvoir nourrir les soldats et les Amérindiens de l’Ouest. Le bétail de l’Est ne suffit plus à approvisionner les grands centres où la viande pourrait trouver des débouchés, et les grands abattoirs de l’Est (Cincinnati, Chicago) ont besoin de matières premières. Or le Texas peut répondre à cette demande : seulement, l’acheminement des bêtes reste problématique
Un marchand de bestiaux de l’Illinois du nom de Joseph Mc Coy, s’en rend compte et cherche un point d’échanges entre les éleveurs et les acheteurs que l’on puisse joindre sans trop de dangers : il choisit Abilene dans le Kansas, terminus ferroviaire de la Kansas Pacific Railroad. Il passe un contrat avec la compagnie, puis il développe alors autour de la ville toutes les infrastructures nécessaires à la vente et à l’embarquement des bêtes à bord du train qui les conduira vers l’Est : en 1867, les premiers wagons chargés de bœufs partent pour Chicago. Cependant, il reste à amener les bêtes de leur point d’origine jusqu’à cette gare, soit un parcours de près de 1000 kilomètres vers le Nord : c’est là le début de l’aventure qui a rendu célèbres les cow-boys, la grande transhumance appelé le « drive ».
 
Comment se passe un drive ?
 
Avant de partir les cow-boy doivent rassembler le troupeau, les triées puis les marquées et les veaux sont castrés au printemps. Les animaux non marqués sont appelés « mavericks ». Le cow-boy utilise alors son lasso pour attraper les animaux selon les techniques héritées des vaqueros. Cette étape, le « round-up », dure plusieurs semaines, car il faut rassembler plusieurs milliers de bêtes sur un territoire très étendu. Une fois le round-up terminé, c’est le départ. Il faut souvent quelques jours pour que les animaux démarrent, le temps qu’ils s’habituent à leurs meneurs. Il va falloir faire avancer une masse mouvante et imprévisible composée d’environ 3 000 bêtes, qui s’étire sur des kilomètres de long et souvent quelques centaines de mètres de large, le tout pas trop vite pour ne pas les fatiguer, mais pas trop lentement non plus afin d’éviter leur dispersion. La distance parcourue varie de 20 à 40 kilomètres par jour. Le chemin est guidé par les points d’eau où l’on peut s’arrêter pour faire paître le troupeau. Il existe deux pistes principales : la Old Chisholm Trail (« route des rivières ») et la Western Trail, plus à l’ouest, qui passe par Dodge City.

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L’équipe est constituée en générale d’une dizaine de cow-boys dirigés par un chef, le boss (« chef de piste »). Ce dernier est responsable du troupeau, et il doit contenir les débordements d’humeur de ses hommes que la pénibilité et la monotonie du travail rendent bien souvent agressifs. Il connaît la piste, les points d’eau et les passages à gué. À cela s’ajoutent le cuisinier et le guide indien qui ouvrent la route avec un peu d’avance. Pendant la journée, deux « pointeurs », souvent les cow-boys les plus expérimentés, mènent le troupeau et trouvent le chemin : il leur faut éviter les autres troupeaux, les villes et toute chose qui pourrait nuire à la bonne avancée des animaux. Sur les côtés, les flancs-gardes et à l’arrière les drag-riders sont chargés de ramener les égarés, places considérées comme plutôt dégradantes. Le soir, on soigne les chevaux, on coupe du bois puis on prend son tour de garde avant de prendre quelques heures de sommeil. Et le lendemain arrive une journée différente mais pourtant si semblable à la précédente
Le chuck wagon emmène les provisions : la route est longue et sur les 1000 km, elle ne comporte qu’une seule épicerie. On mange des biscuits, du bacon, du café, des fruits séchés, avec parfois pour améliorer l’ordinaire du gibier ou un bœuf du troupeau que l’on a dû abattre. Avec une nourriture si monotone, le cuisinier n’est pas très bien placée dans le cœur des cow-boys qui dans leurs récits lui donnent une place peu enviable. Cette image s’est perpétuée jusque dans les westerns où il est souvent l’archétype du « pauvre type ».

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Enfin, c’est l’arrivée en ville, dans ces « cow-towns » (ou « cattle towns ») à la si mauvaise réputation que sont Abilene, Dodge City, Ellsworth ou Newton. Ces villes ont servi de base pour les décors des westerns hollywoodiens du début du XXe siècle. Pour les habitants, l’arrivée des troupeaux conduits par les cow-boys est à la fois une aubaine et une source de problèmes. Les cow-boys ont mauvaise réputation, mais ces derniers dépensent la quasi-totalité de leur salaire dans les commerces locaux, ce qui fait vivre une partie de la population locale. Enfin, ces localités fondent leur prospérité économique sur le commerce des troupeaux.
 
Après cette transhumance, les cow-boys n’ont en général plus d’activité. Certains peuvent décider de renoncer à cette vie très difficile mais pour ceux qui retrouvent du travail, le recrutement a lieu au printemps ou à l’automne. En majorité, ils doivent alors dédier la majorité de leur temps aux soins du bétail, à savoir trouver des points d’eau, le surveiller ou l’abriter en cas de coup dur météorologique. D’autres s’occupent des tâches au ranch, et doivent dresser les chevaux, entretenir les bâtiments ou couper du bois. Les employés s’entassent dans le bunkhouse, où l’hygiène et l’intimité sont quasi-inexistantes. Le matériel et les vêtements des occupants s’entassent dans la pièce unique. Pour s’occuper, les cow-boys jouent aux cartes, écoutent des histoires et des chansons, jouent du banjo ou de l’harmonica. Parfois lorsqu’un d’entre eux est lettré il fait une lecture collective des romans bon marché en attendant le prochain drive. On est loin des aventures trépidantes contées dans les journaux de l’Est.
 
A partir de 1870, le gouvernement américain ouvre des terres à de nouveaux émigrants au Texas, au Nouveau-Mexique, dans l’Arizona et l’Oklahoma. L’élevage en open-range se déplace alors vers le Nord, dans le Wyoming, le Dakota oriental et le Montana. Cependant, la cohabitation avec les nouveaux venus est difficile, voire impossible, ce qui provoque des guerres du bétail (cattle wars). Le chemin de fer sera la deuxième grande cause du déclin des grandes transhumances. Les lignes ferroviaires se sont allongées, et elles relient à présent directement le Midwest au Texas. Dès lors, nul besoin pour le troupeau de parcourir 1000 km pour rejoindre la gare : c’est à présent le train qui vient à lui. Dans les années 1890, la transhumance tombe en désuétude, rendant inutiles les « cavaliers de la plaine », en tout cas sous cette forme. Ceux-ci se sédentarisent, et redeviennent de simples garçons d’écurie réduits à l’entretien du troupeau, à l’instar des vaqueros, leurs prédécesseurs. Il faut aussi cultiver la terre pour obtenir du fourrage : le fier cavalier devient paysan. La piste est finie et la nostalgie commence.

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C’est alors que l’on voit l’émergence du mythe du cow-boy. Avec l’invention de la presse à vapeur, on voit la publication de tirages rapides, et notamment la naissance des « dimes novels » (que l’on pourrait traduire par « romans de quat’sous ») où l’on trouve des « feuilletons » qui jouent un grand rôle dans la mythification du cow-boy. À la fin du XIXe siècle, le public américain se lasse des aventures de cape et d’épée typiquement européennes. En 1860, Ned Buntline (de son vrai nom Edward Judson) renouvelle le genre. Alors que la guerre civile fait rage, il sillonne l’ouest et rencontre William F. Cody, un jeune éclaireur « vaniteux comme une jolie femme ». Dans le New York Weekly, il commence à conter les aventures de celui qu’on appelle désormais Buffalo Bill en y incorporant les histoires les plus invraisemblables qui circulent dans les saloons de l’Ouest et en les rendant plus « croustillantes ». Le public est séduit et s’arrache cette feuille, et tout le monde cherche à le copier. Le genre donne naissance à un tas de documents de ce type, avec des auteurs prolifiques tels que Prentiss Ingraham ou Edward L. Wheeler.
Les Américains trouvent alors dans le cow-boy une identité nationale : le cow-boy symbolise l’homme habile, courageux, entreprenant et individualiste. Il représente en cela les valeurs fondatrices des États-Unis, mais surtout il est libre dans une prairie qui s’étend à perte de vue, vision d’une frontière sans cesse repoussée et d’un espace illimité qui n’existe plus. La popularité du cow-boy, miroir de l’ambition collective américaine augmente, et l’idée survient alors de le mettre en scène.
Tout d’abord au travers des rodéos, ces concours d’habileté à cheval sensés reproduire le round-up. Ils apparaissent vers 1880 et plusieurs villes s’en disputent la paternité. Ces évènements sont des prétextes pour le cow-boy de faire la démonstration de sa capacité à utiliser au mieux sa monture en attrapant à l’aide du lasso des bouvillons lâchés dans une arène. À la fin du XIXe siècle, le rodéo spectacle devient très populaire, ce qui ne s’est pas démenti jusqu’à aujourd’hui.
 
En 1872, Buntline lance le cow-boy sur les planches grâce à une pièce de théâtre, « the Scouts of the Prairie » avec dans le rôle de Texas Jack un jeune virginien, John Omahundro. Le succès est immédiat, d’abord à Chicago puis dans toutes les grandes villes. C’est la première « star » cow-boy, qui va en précéder de nombreuses autres…

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En 1873, Buffalo Bill sent l’opportunité qu’il pourrait avoir en profitant de sa popularité grandissante : il lance le Wild West Show en 1883. Pendant trois heures, sous un chapiteau de cirque, les spectateurs assistent à toutes les scènes qui symbolisent l’Ouest : l’attaque du convoi de pionniers, d’une diligence, l’intervention de la cavalerie et le massacre final des Indiens. Selon les témoignages de l’époque, c’était très impressionnant sans avoir les dangers d’une vraie visite dans l’Ouest.
 
En 1886 à New York, le show attire un million de spectateurs. En 1893, 50 shows se produisent à travers les États-Unis et en 1888-1889 il s’exporte avec une tournée européenne. De plus, Buffalo Bill contribue à la notoriété de son spectacle en recrutant de véritables légendes vivantes tels Annie Oakley (qui pouvait disait-on couper une carte à jouer en deux d’une balle) et le chef Indien Sitting Bull.
Le phénomène s’amplifie encore avec la publication de différentes histoires, de mémoires d’anciens cow-boy.
 
Enfin, ce sont les balbutiements du cinéma avec dès 1903 le premier western : « The Great Train Robbery ». Ces premiers films se soucient peu de la réalité historique, mais les décors naturels de l’Arizona donnent un relief jamais atteint aux aventures des cow-boys. Les premiers films muets étant arrivés alors que les grandes transhumances venaient de disparaître, ils sont essentiellement le reflet d’un imaginaire collectif.
Beaucoup de westerns ont été tournés depuis (près de 1700) avec des succès inégaux, mais certains sont restés célèbres, tels que Rio Bravo (1959) ou La Prisonnière du désert (1956), pourtant près d’un demi siècle plus tard ! Plus récemment Le Secret de Brokeback Mountain (2005), où l’on peut suivre l’amour de deux cow-boys dans les montagnes du Wyoming et qui a provoquer la controverse aux Etats-Unis.

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Le cow-boy « traditionnel » reste indissociable de l’imagerie de la conquête de l’Ouest : c’est sans doute pour cela que l’image que l’on peut en avoir est plus le produit d’un imaginaire collectif que le miroir de la réalité. En effet, au cow-boy aventureux, courageux, défenseur de la veuve et de l’orphelin, on peut opposer la vie routinière et néanmoins risquée d’un simple garçon vacher au service de grands propriétaires. Si l’aventure n’était pas inexistante, elle a largement été exagérée dans les multiples récits de la vie de ces personnages. Grâce à une médiatisation massive (développement du cinéma, des grands tirages, etc.) et surtout aux valeurs qu’il représente, il a pu devenir le symbole que l’on connaît aujourd’hui. De nos jours encore, le cow-boy fascine, et de nombreux Américains continuent à s’identifier à ces personnages. Bien sûr, il existe toujours un personnel pour garder les troupeaux dans les ranchs, qui conserve le cheval, les vêtements et certains accessoires issus du cow-boy originel. Cependant, les cow-boys actuels sont des employés sédentaires qui n’ont finalement que peu de choses en commun avec les hommes qui arpentaient la piste sur des milliers de kilomètres. Il est à noter que l’on appelle également cow-boys les participants des rodéos, qui sont parfois de véritables sportifs professionnels.
 
Ptit Tigrou

Jeffrey Katzenberg: « Les chevaux sont parmi les plus belles créatures de la planète avec lesquelles nous entretenons depuis des millénaires des relations privilégiées… »

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Toujours sur notre thème de l’Ouest américain, voici aujourd’hui pour les jeunes lecteurs de mon blog, un film d’animation à voir et à revoir !!

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"Spirit" est un dessin animé émouvant et spectaculaire sur l’histoire d’un cheval épris de liberté, l’amitié et la conquête de l’Ouest. Aventure, humour, suspense, amour… Un cocktail assez classique; cependant "Spirit" est bien plus que cela. Les studios Dreamworks, créateurs de ce superbe film, signent là un chef d’œuvre tant du point de vue artistique que des exploits techniques et également de la force de son message.
 
Le poulain Spirit naît au sein d’un troupeau de mustangs sauvages qui vivent dans les plaines vierges de l’Ouest américain aux premières années de la Conquête. Son enfance est entièrement placée sous le signe du jeu et de l’insouciance. Spirit découvre avec émerveillement l’immensité, les ressources infinies, la beauté majestueuse de sa terre natale. Jeune adulte, il devient le chef de sa bande.

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Un soir, l’étalon rencontre l’Homme. Pris au lasso, livré à l’armée, il subit l’horreur de la captivité mais résiste à toutes les humiliations. Sauvé par un jeune Lakota, il trouve refuge dans un village indien et y rencontre son premier amour: la jolie jument pie Rain. Une épreuve encore plus cruelle l’attend après quelques semaines de bonheur mais le vaillant Spirit ne se laissera pas longtemps abattre, et ne renoncera jamais à sa vocation de protéger les siens leur environnement…
 
Au fil de ses aventures, Spirit accomplit un périple qui va des plaines vierges à la captivité dans un fortin et finalement à l’univers des Indiens d’Amérique, révélant au spectateur certaines des étapes les plus marquantes de l’Histoire de l’Ouest, dont l’arrivée du chemin de fer n’est pas la moindre. Les péripéties fantastiques du héros, qui provoquent alternativement rires et larmes, s’intègrent subtilement dans des tableaux réalistes.
La Conquête de l’Ouest racontée du point de vue du cheval apparaît plutôt comme la destruction d’un éden, un drame dont les chevaux sont des protagonistes majeurs, qu’il s’agisse des chevaux sauvages, des chevaux des Indiens ou de ceux utilisés par les blancs. L’étalon des plaines lutte pour la préservation de sa terre natale et pour la liberté des Image hébérgée par hiboox.comchevaux, un combat à armes inégales qui rejoint celui des Indiens. Ceux-ci sont en outre présentés dans le film comme respectueux de la nature du cheval qu’ils tentent d’éduquer selon des méthodes bien plus éthologiques que celles des blancs. A cet égard encore une fois, l’objectif semble être d’illustrer de façon exacte certains aspects de la vie des hommes de cette époque (Indiens et blancs) avec les chevaux.
 
L’étalon des plaines invite chacun à se rappeler qu’il est "un être libre que rien ne peut briser", à ne jamais oublier qui il est. Le réalisateur Kelly Asbury explique: "Spirit brasse de nombreux thèmes: l’amour, le courage, la fidélité au foyer et à la famille… Mais son thème dominant serait celui-ci: la liberté est un droit naturel qui mérite d’être défendu jusqu’au bout".

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Ce n’est pas les amoureux du cheval qu’il faudra convaincre de la capacité et de l’honnêteté du cheval en tant que messager de valeurs fortes, intemporelles et universelles. Il est sans doute plus extraordinaire d’avoir réussi à doter de ces mêmes qualités un cheval personnage de dessin animé qui s’adresse à un public de familles et d’enfants.

Si vous faites de l’équitation, votre passion pour le cheval vous fera passer un agréable moment à regarder ce fabuleux dessin animé. A voir donc absolument !!!
 
Film sorti le 9 octobre 2002 – Disponible en DVD depuis octobre 2006
 
Ptit Tigrou

Un héritage précieux

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On l’a vu dans le précédent article que l’Ouest américain et son histoire avait marqué l’époque par cette envie de construire, de s’agrandir, de découvrir… mais aussi de se battre pour des valeurs.
Quel héritage nous as laissé cette époque dans notre culture contemporaine ?
 

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Tout d’abord nous avons hérité de nouveau style musicaux avec avènement de la musique country qui constitue encore aujourd’hui une des musiques les plus écoutée du Mississipi au Pacifique.
 
L’Ouest inspirera aussi des peintres, des dessinateurs, des photographes. Les différents évènements qui s’y sont déroulés ont donné naissance à une littérature abondante. Les chansons populaires des mineurs, des marins, des cow-boys et des bûcherons font également partie de la culture de l’Ouest.
 
Le développement de la presse, les progrès de l’alphabétisation et les rêves d’aventures de citadins de la côte Est encouragent le développement d’une littérature ayant pour cadre l’Ouest sauvage. Les romans et les nouvelles narrent l’épopée du chemin de fer ou les attaques des Indiens.
 
Plus tard, le cinéma américain, puis européen, a produit maints films décrivant, souvent de façon romancée, la vie des habitants de cette région. Plusieurs de ces films western sont devenus mythiques, et le genre lui-même est un genre très à part dans l’histoire du cinéma. John Ford ou Sergio Leone en feront leur fonds de commerce présentant souvent l’Ouest à travers des pionniers ou des bandits. Par la suite des acteurs comme Clint Eastwood et Kevin Costner, s’illustreront dans le genre devenu poussif. Plus récemment des films tels que Wild Wild West, Zorro, Bandidas, Texas Ranger ou encore Alamo ont vu une nouvelle fois le sujet Far West abordé sur grand écran.
 
C’est surtout à la télévision que le sujet deviendra récurant et souvent culte notamment a travers de nombreuses séries. La Petite Maison dans la prairie, Zorro, Les Mystères de l’Ouest, Docteur Quinn, femme médecin ou encore, Rintintin en sont le principaux exemples.

L’Ouest américain, le mythe américain

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L’Ouest américain ! C’est je pense le grand mythe ou en tout cas ce qui fait des Etats-Unis, un pays chargé d’histoires, d’anecdotes, de lieux où le silence, la beauté et l’immensité se mêle a merveilles. A travers le temps, l’Ouest américain a créé la légende. On a bien entendu toutes ces images de vieux western, ces villages abandonnés, ces hordes de bandit, ces trains à vapeur fumant a travers l’immensité des grandes plaines, ces cow-boys et ces indiens. Tous ces éléments on forgé la légende de l’Ouest. Aujourd’hui encore, il fascine, tout ceux d’entre vous qui ont pu y aller s’en souviennent et s’en souviendront comme un souvenir inoubliables et bluffant. A travers Monument Valley ou encore du Grand Canyon, ce sont des images emblématiques qui reste gravé dans nos esprits et quand a ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, le grand Ouest, reste un rêve, notre rêve américain.

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Mais l’Ouest américain c’est quoi exactement ? A vrai dire sa définition exacte a beaucoup évolué avec le temps, avec l’avancement des populations colonisatrices vers l’Océan Pacifique que l’on appelle la conquête de l’Ouest. Pays de peuples, d’individus, d’histoires et d’horizons différents, le Far West peut être vu comme le noyau et le berceau des Etats-Unis. D’un point de vu géographique, l’Ouest américain est constitué de 13 états américains : Alaska, Arizona, Californie, Colorado, Hawaii, Idaho, Montana, Nouveau-Mexique, Nevada, Oregon, Utah, Washington, et Wyoming. Le Far West représente donc un territoire gigantesque, aux milieux naturels variés, le plus souvent marqués par l’aridité qui fut d’ailleurs l’un des enjeux de la conquête de l’Ouest par la maîtrise de cette immensité désertique.
Le Far West est aussi une région faiblement peuplée avant l’arrivée des Blancs : les Indiens des Plaines y sont relativement peu nombreux et vivent en groupes dispersés et nomades. Pour les États-Unis, nés à la fin du XVIIIe siècle, ces contrées sauvages constituent une réserve de terres et de ressources naturelles qui paraissent sans limite.

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Ces contrées sauvages et ces nouvelles ressources vont pourtant attirer les pires moments de l’histoire de l’Ouest américain.
Au XVIe siècle, les Espagnols se sont emparé d’une grande partie de l’Amérique latine et cherchent à étendre leur empire colonial vers le nord de l’actuel Mexique. Ils envoient alors de nombreuses expéditions afin de trouver des métaux précieux et des esclaves. Au XVIIIe siècle, la présence espagnole se renforce et s’étend, pour contrer l’expansionnisme français à l’est. Les conquistadores apportent avec eux des maladies qui décimeront les populations Amérindiennes. Par la suite Les Espagnols construisent des forts au Texas, au Nouveau-Mexique et en Californie. Ils doivent faire face à l’hostilité des Comanches et des Apaches, aux soulèvements des Pueblos et des esclaves. Ils répondront par une politique de répression et d’alliance avec certaines tribus. A peine colonisé, le grand Ouest vivait déjà de terribles heures.

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En 1821 le Mexique gagne son indépendance par rapport à l’Espagne à l’issue d’une décennie de guerre. La révolution a détruit l’industrie coloniale de l’extraction d’argent, et le trésor national est en banqueroute. Le long de la frontière nord, les fonds qui ont jusqu’alors permis aux missions, aux presidios et aux camps apaches de survivre disparaissent presque entièrement. Devenu un état indépendant, le Mexique accorde des terres aux Américains qui se révoltent en 1835-1836 au Texas. Au cours du siège de Fort Alamo par Antonio López de Santa Anna, les 187 occupants américains parmi lesquels se trouvait Davy Crockett meurent dans la bataille. La répression s’abat et l’armée mexicaine se livre à des pillages qui ne font que souder les colons américains.
Le 21 avril 1836, Sam Houston parvient à vaindre les Mexicains à la bataille de San Jacinto. Il devient alors le premier président de la République du Texas, qui est reconnue par le gouvernement américain en mars 1837.
Des trappeurs américains commencent à entrer dans la région à la recherche de fourrures. En 1846, l’idéologie de la Destinée manifeste et l’occupation de territoires disputés entraînent la Guerre entre américains et mexicains, qui est suivie par la cession de l’Arizona.
Cette époques terribles aura malgré a partir de ces évènement forgé la légende. La conquête de l’Ouest aura vu la naissance notamment de Las Vegas, le siège de Fort Alamo ou encore la montée en puissance des différents bandits mondialement connus comme Butch Cassidy, Jessie James ou Bonnie & Clyde.
 
Mais pour vous, que vous évoque le Far West ?
 
Des cow-boys aux Indiens, en passant par le saloon, les ranchs et les villages fantômes, ces clichés de l’Ouest américain, ne sont pourtant pas fort loin de ce qui l’en ai réellement. Ces idées reçues ont créé le mythe du grand Ouest, riche en anecdotes, en histoire, en destin. Au delà des terribles moments en ait sorti un civilisation riche et ancré dans son histoire.
Encore aujourd’hui, le temps et l’histoire y ont laissé leurs empreintes. Preuve en est les nombreuses villes minières qui ont disparu, vidé de toute vies. Ces villes fantômes s’égrainent dans tout l’Ouest américain et sont autant de témoins de la fièvre de l’or.
 

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La conquête de l’Ouest verra aussi l’intégration dans le quotidien des armes, de la route, du télégraphe et du chemin de fer. Les nombreuses pistes (trails en anglais) sont empruntées par les migrants dans leurs chariots bâchés, les soldats et les cow-boys dans tout le Far West : les plus célèbres sont la Red River Trail, la Piste de Santa Fe, la Piste de la Californie ou encore la Piste de l’Oregon. Ces routes sont parcourues par les célèbres diligences qui transportent passagers et courrier dans des conditions difficiles.
Le service des postes est assuré par ses pistes par des compagnies comme l’ American Express Company ou l’ Overland Mail Company. Le Pony Express, quand à lui fondé en 1860, établit des records de vitesse mais le coût du courrier est excessif ! Le télégraphe fait alors son apparition et permet de communiquer d’un bout à l’autre du pays, condamnant le Pony Express.
Au milieu du XIXe siècle, l’est des États-Unis possède déjà un réseau de chemin de fer relativement dense. Le développement de ce moyen de transport vers l’ouest apparaît de plus en plus comme une nécessité urgente. Les Californiens le réclament pour cesser de dépendre de la voie maritime pour son approvisionnement. Le train permettrait d’acheminer les marchandises et les biens manufacturés de la côte Est ; il permettrait aux colons et aux voyageurs de gagner plus rapidement la côte Pacifique.
Les obstacles semblent pourtant importants : le transcontinental devrait traverser les Grandes Plaines, menacés par les tribus amérindiennes. Surtout, il serait amené à franchir les Montagnes Rocheuses, hautes de 4000 mètres et les déserts du Grand Bassin. L’entreprise semblait impossible sans des investissements fédéraux. Le gouvernement américain s’intéresse au projet : en 1853 est lancé le Pacific Railroad Survey Act : il charge des expéditions scientifiques de trouver un passage pour le chemin de fer. Au cours de ces expéditions, les experts collectent de nombreuses données sur l’Ouest américain qui sont consignées dans les 14 volumes des Pacific Railroad Reports. Le gouvernement fédéral propose des subventions et des terres pour construire le chemin de fer. En 1856 est créé le Pacific Wagon Road Office et pour la première fois, un train franchit le fleuve Mississippi. Le chantier du premier chemin de fer transcontinental est lancé en 1865.
 
Peu a peu, l’Ouest s’urbanise, d’industrialise, on y découvre du pétrole, on y pratique l’élevage et la culture céréalières. Il voit l’avènement de nombreuses grandes cités comme Las Vegas, San Francisco ou encore Los Angeles. Malgré tout, l’histoire a laissé des traces, le souvenir est inusable et constitue encore aujourd’hui un intérêt majeur dans la culture des Etats-Unis.
 
Ptit Tigrou

Du Nevada à l’Arizona

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La route de L’Ouest

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Vers 1850, les litiges avec les Indiens portent plus sur le prix des chevaux que sur des problèmes territoriaux.
 
Plus que la flèche indienne, la maladie, l’épuisement, les noyades, la folie jalonnent les milliers de kilomètres qui conduisent vers l’Eldorado.
 
De nombreux squelettes balisent alors les pistes de l’Ouest, et, sur les cornes de boeufs morts de fatigue, on grave des messages destinés à ceux qui suivent.
 
La traversée de l’Utah et du Nevada est particulièrement éprouvante.

Image hébérgée par hiboox.com

 
Quant à la Death Valley, celle-ci s’apparente à un rite de passage qui alimente, pour certains, le mythe d’une terre promise et d’une nouvelle vie.
 
L’afflux de plus en plus important des candidats à la fortune et l’empiètement régulier des Blancs sur les territoires de chasse des Indiens, enveniment trés vite les rapports.
 
Les hommes rouges se glisse nuitamment dans les campements pour y subtiliser montures et bétail.
 
Bientot, les premiers coups de feu retentissent et une guerre larvée se substitue au fragile équilibre entre les communautés.
 
La route de l’Ouest devient une hantise, d’autant que les Indiens ne tardent pas à s’organiser.
 
Les chefs de convois décident alors de traverser leur territoire de nuit.

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