Les plaques d’immatriculation américaine, la carte d’identité de chaque Etats

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Aux Etats-Unis, la plaque d’immatriculation est depuis toujours bien plus qu’un simple moyen d’identifier un véhicule : c’est aussi et surtout un ornement caractéristique et très folklorique.

Ces objets aux couleurs vives sont aujourd’hui devenus un véritable phénomène de société aux Etats-Unis et séduisent les collectionneurs jusqu’en Europe.Kim-Reierson-california_dre

Quels sont les raisons pouvant expliquer l’attirance du passionné européen pour les plaques américaines ? Sans doute le nom même des Etats et des territoires inscrits sur chacune de ces plaques : des noms qui évoquent dans notre imaginaire des lieux mythiques, que nous connaissons tous, même si nous ne les avons visités qu’à travers les séries et les films américains. Nous avons tous pu admirer, dans les productions hollywoodiennes, des plaques portant un mot d’esprit, le prénom du propriétaire, le nom de son équipe préférée ou un simple acronyme que seuls l’automobiliste et quelques initiés peuvent déchiffrer.

Californie Les plaques d’immatriculation américaines sont nées il y a plus de 100 ans. Leur histoire coïncide de fait avec celle du succès de l’automobile au début du XXème siècle. Les Etats-Unis connaissaient alors une croissance industrielle spectaculaire, la plus rapide du monde, qui touchait également le secteur de l’automobile.

Les premières plaques étaient souvent fabriquées en métal émaillé de différentes couleurs. Dans de nombreux états, il incombait au propriétaire de s’équiper, ce qui avait pour conséquence une grande variété de modèles et de matériaux.

Plus tard, entre 1903 (dans le Massachusetts) et 1918 (en Floride), tous les Etats américains se mirent à distribuer aux automobilistes des plaques d’immatriculation standard, dont la fabrication était confiée aux détenus dans les pénitenciers (c’est encore le cas aujourd’hui, ce qui permet à l’administration de faire des économies et aux détenus de gagner un peu d’argent et d’avoir une activité professionnelle encadrée).Dakota du sud

A cette époque, les modalités d’immatriculation se distinguaient déjà des normes européennes : les plaques étaient distribuées une fois par an, avec l’année de validité moulée dans le métal et des couleurs et des styles qui variaient chaque année. La plaque était donc également un certificat de paiement attestant au premier coup d’œil que l’automobiliste avait payé la taxe de circulation.

Cette caractéristique, associé au fait que la plaque était et restait la propriété de l’automobiliste, et qu’il pouvait donc en disposer à sa guise une fois qu’elle n’était plus valable, fut à l’origine des premières collections : de nombreux automobilistes se mirent en effet à tapisser les murs de leur garage ou de leur cabane à outils avec les plaques récupérées au fil des ans. Les plaques devinrent également un objet de décoration typique dans les bars et restaurants.Kansas

Pendant la Première Guerre Mondiale, l’industrie des armes avait besoin de tous les métaux disponibles : c’est ainsi que de nombreux Etats furent obligés d’introduire des modèles de plaques prévus pour durer plusieurs années.

En 1924, alors que moins de 100 000 véhicules circulaient en France, les Etats de New York et de Californie dépassaient le million d’automobiles immatriculées ! Dans les premières années du XXème siècle, il sembla donc nécessaire aux législateurs de rédiger des règles régissant l’utilisation de ces nouveaux véhicules : le nombre d’automobiles allait en s’accroissant, et avec les premiers accidents de la route, il devint évident qu’il fallait trouver un moyen d’identifier un véhicule et son propriétaire. Les Etats, les comtés et même les municipalités commencèrent à tenir des registres recensant soigneusement tous les véhicules en circulation, et à imposer des taxes. Les automobilistes furent ainsi obligés d’afficher clairement sur une plaque les éléments de l’immatriculation.Michigan

L’époque où l’on sortait une plaque chaque année, en ne modifiant parfois que la couleur du fond et la date de validité, était finie. Une nouvelle ère venait de commencer sous le signe de la variété et de l’imagination. Dès les années 20, certains Etats exploitèrent les plaques d’immatriculation pour vanter leurs attractions touristiques et leurs traditions culturelles. C’est ainsi que les premiers graphismes firent leur apparition, et avec eux les slogans attirant l’attention de ceux qui voyaient la plaque sur certains lieux touristiques. Les pionniers furent l’Idaho et le Massachusetts, en 1928 : le premier introduisit le dessin d’une pomme de terre sur le fond de ses plaques accompagné du slogan « Idaho Potatoes », pour vanter le principal produit de l’agriculture locale. Le second opta pour une petite silhouette de baleine entre le nom de l’Etat et l’année de validité, pour symboliser la florissante industrie de la pêche au gros.Nebraska

Par la suite, tous les autres Etats, à des époques diverses, se mirent à enrichir leurs plaques d’immatriculation de symboles graphiques et de divers slogans qui contribuèrent à alimenter l’intérêt pour ces objets. Des motifs de plus en plus colorés et complexes furent introduits sur les plaques à partir des années 60, avec l’arrivée de la sérigraphie sur métaux laminés réfléchissants. La première grande occasion de mettre à l’épreuve les nouvelles techniques graphiques fut donnée par la célébration du bicentenaire de l’Union en 1976 : de nombreux Etats émirent alors des séries spéciales avec des motifs assez marquants, toutes dans les couleurs du drapeau américain : le bleu, le blanc et le rouge. A compter de cette date, le graphisme s’impose définitivement sur les plaques d’immatriculation, dans une explosion de styles et de couleurs, et avec des motifs décoratifs de plus en plus élaborés.

Quel avenir pour les plaques américaines ?Wyoming

On peut essayer de l’imaginer en observant les innovations techniques de ces dernières années : le graphisme digital permet d’introduire des codes-barres utiles aux forces de l’ordre, des hologrammes ou des filigranes pour lutter contre la contrefaçon ; certaines plaques peuvent être fabriquées selon des techniques entièrement digitales, le numéro d’immatriculation n’étant alors plus en relief, mais simplement imprimé sur un support réfléchissant.

Les collectionneurs ont vraiment de quoi nourrir leur passion : des vieilles plaques émaillées poussiéreuses du début du XXème siècle aux tout derniers modèles colorés et graphiques, en passant par les plaques décorées des années folles : un panorama que l’on peut aujourd’hui comparer à celui de la philatélie ou de la numismatique, et qui peut devenir un hobby passionnant et très original.

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Converse – L’étoile des baskets

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On la sait indémodable, intemporelle, inclassable. Pourtant, chaque génération la fait sienne et croit l’avoir redécouverte. Près de 90 ans après la première paire, la chaussure en toile a toujours la même forme. arguConverse

Au premier regard, elle apparaît peu confortable: semelles plates se terminant en arrondi, forme longiligne allongeant les grands pieds, toile légère aux couleurs criardes…Et pourtant, n’importe quel «propriétaire» de Converse soulignera son côté pantoufle.

TOILE ET PLASTIQUE

La Converse, chacun se l’approprie, la fait sienne et l’use à l’excès. La toile légèrement écorchée, signe d’une plus grande souplesse, elle gagne en affection et devient objet de fétichisme pour ceux qui la portent. Depuis quelques années, grâce notamment à un nouveau marketing axé sur la «jeunesse dynamique et branchée», elle s’impose comme «la» basket de référence. converse2

Pour faire son marché ? Converse.

Pour les ballades en ville ? Converse.

Pour faire du skateboard ? Converse.

Et pour faire du sport, Converse ?

Autrefois, oui. Aujourd’hui, n’importe quel vendeur sportif déconseillerait de courir plus de 2 kilomètres en Converse. Pourtant, à l’origine, c’était bien une chaussure de sport, destinée aux équipes de basket-ball américaines.

CHUCK TAYLOR

La marque Converse est née à Malden, dans le Massachusetts, en 1908. Son fondateur, Marquis Mills Converse, conçoit une chaussure de tennis souple et légère. En 2 ans, l’usine passe de 15 à 360 employés et produit chaque jour 4 000 paires. converse1

La chaussure, aujourd’hui connue sous le nom de Converse, naît en 1919, pour toucher le milieu du basket-ball. C’est la Converse All Star : fine, légère, souple, mais assurant un excellent maintient de la cheville, converse4 indispensable aux basketteurs. Au départ, le choix des coloris est limité : blanc ou noir.

En 1921, le basketteur Charles Chuck Taylor adopte la chaussure à chacun de ses matchs et devient l’ambassadeur de la marque. Et Converse le lui rend bien : en 1923, la signature «Chuck Taylor» est officiellement présente sur la pastille All Star qui recouvre la malléole dans la partie interne du pied. Succès garanti pendant 40 ans environ : la basket demeure la chaussure officielle de la NBA.

CONVERSE SERA TOUJOURS ALL STAR

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée américaine fait appel à la marque de Malden pour la fournir en chaussures de port et autres équipements. Converse se diversifie et développe des tenues de sport : blousons, pull-over, parkas. Mais, la marque peine à développer ces autres secteurs d’activité. 5018-converse-all-star-demon-gris-m

Converse sera toujours associé à la All Star. Dans les années 1960, la marque réagit et relance la All Star avec une nouvelle version, basse cette fois, appelée «Oxford», dans sept coloris différents. Et, pour remplacer la pastille colée sur la malléole, signe d’identité de la All Star Chuck Taylor, la Oxford possède un petit rectangle noir sur le talon. Pour les collectionneurs, ce rectangle noir vaut de l’or, puisqu’il signe les baskets fabriquées avant 1980. Après, le rectangle vire au blanc, et les coloris se multiplient : on trouve aujourd’hui les Converse en près de 200 coloris différents. converse_03

ALL STAR ROCK STAR

La All Star, basse ou haute, est la basket des années 1960-1970. Elle chausse les aficionados punk, rock ou hippies, à l’entrée des salles de concert mythiques : le CBGB à New York, le Marquee à Londres ou l’Olympia à Paris.

Les Rolling Stones, les Sex Pistols ou les Ramones la portent sur scène. Le cinéma emprunte aussi son image : en regardant bien, on l’aperçoit aux pieds des acteurs dans certaines scènes de West Side Story et dans Rocky. star_Petit_Nuage

MAIS LA CONCURRENCE…

Cependant, sur les parquets de basket-ball, la All Star n’est plus la coqueluche des joueurs. Elle est dépassée par les marques nouvelles, Adidas ou Nike, et leurs modèles plus techniques.

Adidas attaque le marché dès 1960 avec la Promodel, rapidement adoptée par la majorité des joueurs de NBA. Après une période de creux, la marque étoilée réplique en 1979 avec la All Star «Pro Leather», une basket en cuir montante, beaucoup plus lourde que la Chuck Taylor, mais surtout mieux adaptée au basket-ball moderne, plus rapide et plus «musclé».

L’histoire se répète, puisque la Pro Leather est adoptée par le champion Julius Erwin, appelé «Dr J», qui sera à l’origine d’une série limité gravé du chiffre 6. Ce n’est pas suffisant pour sauver Converse, dont le chiffre d’affaires, maintenu dans le vert grâce aux ventes constantes de la All Star, reste trop faible. converse

L’ÉTERNEL RETOUR

La marque ne survit pas aux années 1990 et dépose le bilan en 2001. Après deux ans de tergiversations, Converse est rachetée par Nike, pour 305 millions de dollars. Un rachat qui a indéniablement contribué à relancer la petite chaussure en toile, bénéficiant de la puissance marketing de la marque à la virgule. Retour, éternel retour ?

On a pourtant l’impression que la Converse n’a jamais quitté les pieds des urbains branchés, traversant les modes et les époques. Aujourd’hui, la All Star est aussi la chaussure de toutes les stars, de Madonna à Sofia Coppola, de Kate Moss aux rockers des Strokes.

Groundhog Day, c’est jour de fête

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Aujourd’hui 2 février est le jour de la marmotte (Groundhog Day). Fête célébrée tous les 2 février surtout au nord des États-Unis et au Canada marquant la fin de l’hiver.image

Selon la tradition, ce jour-là, on doit observer l’entrée du terrier d’une marmotte. Si la marmotte émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt, mais si la marmotte voit son ombre parce que le temps est lumineux et clair, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son trou, et l’hiver continuera pendant six semaines supplémentaires.

Cette légende a en fait été importée d’Europe par les premiers colons qui ont remplacé l’ours par la marmotte.

Plaques Américaines de Collection !!!

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Avis a tous les passionnés des États-Unis, une collection arrive pour nous dans les bacs des libraires. carte plaques usa

« Plaques Américaines de Collection » est une manière originale de voyager aux quatre coins des Etats-Unis !

Constituez-vous la collection exclusive des plaques d’immatriculation de tous les États : du Texas au Montana, de la Floride au Wisconsin, de New York à la Californie, de l’Alaska jusqu’à Hawaï !

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Découvrez des plaques d’une grande diversité dont les couleurs, les motifs, les symboles et la devise constituent une authentique carte d’identité illustrée de chaque état.

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N°1

Enfin une bonne idée même si ça reste de la reproduction, pour avoir acheté le n°1 je peux vous dire que l’effet réalité est garanti, une belle qualité pour une effet déco nickel, je vous l’a conseille vivement !!!!

Levi’s 501 : Le pionnier des blue-jeans

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Des cow-boys aux hippies, des dandys aux grands créateurs de mode, le jean se décline depuis plus de 150 ans. La société Levi Strauss & Co n’aurait jamais imaginé que son nom deviendrait synonyme d’un jean aujourd’hui devenu culte.
 
Retour sur un succès «made in USA»

 
DÉCHIRÉ, DÉLAVÉ, MAIS JAMAIS DÉPASSÉ. LE JEAN 501 EST INDÉMODABLE.
 
Etonnant à l’heure où toute nouvelle tendance est condamnée à une existence éphémère dans le monde impitoyable de la mode.
 
Dans son édition spéciale du nouveau millénaire, le Time magazine a sacré le jean «vêtement de mode du XXe siècle», devant la minijupe ou la petite robe noire portée par l’actrice Audrey Hepburn.
 
L’histoire de ce vêtement mythique est indissociable de celle de son fondateur, Oscar Lévi Strauss.
 
A LA CONQUÊTE DE L’OUEST
 
C’est en 1853, en pleine ruée vers l’or, que le jeune colporteur juif d’origine bavaroise Lévi Strauss débarque à San Francisco, en Californie.

 
Il ouvre un commerce de textile et vend un tissu de qualité, utilisé comme toile de tente et toile de bâche des chariots.
 
La légende raconte qu’un chercheur d’or aurait demandé à Lévi Strauss un pantalon assez robuste pour résister à son travail ardu et à la saleté. Pari tenu.
 
Le jeune représentant crée un prototype confectionné dans cette «toile de Nîmes» à base de déchets de coton.
 
Le tout est teint au bleu de Gênes, ville de l’Italie du Nord dont est originaire le mot «jean». Oscar Lévi Strauss découvre alors le «denim».

 
En 1872, Jacob Davis, un tailleur de Reno, dans le Nevada, propose à Lévi Strauss de breveter un procédé élaboré par ses soins : utiliser des rivets pour renforcer les poches du pantalon.
 
Les deux hommes s’associent, le brevet est accordé le 20 mai 1873.
 
En plus d’être un vêtement pour les marins italiens, le jean habille les pionniers de l’Ouest américain, les mineurs et les cow-boys californiens dans les rodéos ou autres westerns hollywoodiens.
 
En 1886, des spécificités sont ajoutées : les «arcuates», arcs surpiqués sur les poches arrières et le «Two Horse Patch», l’étiquette en cuir représentant deux chevaux écartelant un jean. La «griffe» Levi’s est née.
 
Un moyen de lutter contre la contrefaçon.

 
En 1890, la société Lévi Strauss & Co est fondée et le premier jean reçoit le nom de 501, en référence au numéro du lot de toile dans lequel il est fabriqué.
 
DE L’UNIFORME MILITAIRE AU JEAN REBELLE
 
Le jean se démocratise. Dans les années trente, les boutiques chics new-yorkaises le vendent.
 
Des publicités Levi’s sont affichées sur tous les panneaux aux Etats-Unis. Le jean fait aussi irruption dans les campus des universités américaines.
 
Pour se singulariser, la société invente en 1936 l’étiquette «Red Tab» : le nom de Levi’s inscrit en lettres blanches sur fond rouge, cousu à gauche sur la poche arrière droite.
 
Un véritable signe de ralliement.
 
La Seconde Guerre mondiale contribue à la reconnaissance internationale de la marque. L’US Navy demande à Oscar Lévi Strauss de fournir l’uniforme de permission de ses marins.
 
Il s’agit d’un 501 remanié d’une teinte plus foncée. Même le futur président des Etats-Unis, John F. Kennedy, capitaine de corvette à l’époque, portera le modèle. Au lendemain du conflit, les Européens se l’arrachent.

 
Le nouveau jean 501 cinq poches est commercialisé en 1947. L’arcuate et les boutons en zinc, supprimés un temps pour économiser le tissu et le métal, sont de retour.
 
En revanche, le rivet à l’entrejambe et les boutons pour les bretelles disparaissent.
 
Quant aux passants de ceinture et aux rivets cachés en cuivre, ils deviennent la norme.
 
Le fameux dollar est imprimé à l’intérieur de la poche au lieu d’être fixé sous forme de billet en carton léger. Mais le jean est mal vu pendant la période du maccarthysme.
 
Il est synonyme de débauche et sera même interdit dans certaines écoles.
 

Levi’s devient l’emblème des stars rebelles du cinéma : de James Dean à Marilyn Monroe, en passant par Clark Gable. Marlon Brando dans L’équipée sauvage, James Dean dans La fureur de vivre ou Dennis Hopper dans Easy Rider, autant d’acteurs des années cinquante qui s’affichent en jean sur les écrans.
 
Même le King, Elvis Presley, l’adopte et contribue au succès de la marque. Dix ans plus tard, c’est au tour de Patti Smith et des Beatles de défiler en Levi’s 501.
 
Andy Warhol aurait été quant à lui le premier à associer le jean avec une chemise à carreaux et un blazer bleu, créant ainsi le look Warhol.
 
LEVI’S POUR TOUS
 
Malgré les années, le 501 est indétrônable. De l’avènement du rock’n’roll dans les années cinquante à Woodstock en 1969, en passant par le Pop art, il est devenu le symbole de la jeunesse, de la musique et de la mode.

 
Les punks le déchirent à coups de cutter, les adeptes du mouvement grunge le délavent avec de l’eau de Javel.
 
Il est le symbole de la provocation et de la lutte contre l’ordre établi.
 
La publicité joue un rôle primordial dans la notoriété du 501.
 
Un clip montre un homme quittant son Levi’s dans une laverie, attendant la fin du lavage en boxer sous le regard médusé des autres clients.
 
Rythmée par la chanson de Marvin Gaye, I heard it through the grapevine, cette campagne publicitaire a permis de multiplier les ventes de 800 % en un an au Royaume-Uni.
 
La société Levi Strauss va même jusqu’à vêtir la statue de la liberté d’un jean tricolore.

 
Les stars de la musique l’élèvent au rang de mythe.
 
David Bowie lui consacre une chanson intitulée Blue Jean, Bruce Springsteen pose avec pour la pochette de son opus Born in USA.
 
En France, Jane Birkin ou Renaud ne se présentent plus sur scène sans leur 501.
 
Le Levi’s 501 est l’élément indispensable de la garde-robe. Les collectionneurs recherchent les modèles vintage ou les éditions limitées de jeunes créateurs.
 
En 1981, le premier jean Levi’s 501 coupé spécialement pour les filles fait son apparition. Mais Levi Strauss & Co traverse une période critique dans les années quatre-vingt-dix.
 
Les jeunes ne veulent plus porter le même jean que leurs parents.
 
Ils souhaitent des modèles plus variés. Le 501 doit désormais faire face à la concurrence : le relax, le slim, le regular.
 
Même si son image ne cesse d’évoluer, le basique 501 garde tout de même sa charge symbolique.
 
Et sa légende reste immortelle.

Le sud profond célèbre les délices de sa culture « redneck »

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EAST DUBLIN – Lancer de sièges de lunettes de toilettes, orgies de bière ou concours de boue… le sud profond américain a organisé samedi des jeux olympiques à son image pour célébrer les délices de sa culture "redneck".

Pour la plupart des Américains, le terme "redneck" (littéralement "cou rouge") est une insulte qui désigne un "plouc" du sud rural, un Blanc souvent raciste, qui vit dans un préfabriqué, chique du tabac, chasse les écureuils et fait rôtir au barbecue les animaux qu’il a percutés avec son pick-up (camionnette) déglingué.
Mais pour les "ploucs" en question, c’est un titre de gloire. "Etre un redneck est un héritage, c’est comme cela que nous sommes nés et que nous avons été élevés, c’est un mode de vie", explique Rick Humphrey, directeur de la radio locale qui organise les "Jeux d’été redneck de Géorgie".
La manifestation se déroule chaque année à East Dublin, dans le coeur rural de l’Etat, depuis 1996. Cette année-là, Atlanta, la métropole voisine, accueillait les Jeux olympiques, et l’idée était montrer à quoi ils auraient ressemblé si les gens du cru avaient eu leur mot à dire.
Samedi, la mascotte des jeux, un homme sans aucune dent, connu avant tout pour sa capacité à toucher son nez avec sa lèvre inférieure, a solennellement allumé, sous les hourras du public, une torche décorée de canettes de bière.

 
Epreuve phare de la journée: le concours de boue. Les participants doivent se jeter dans une mare en essayant de projeter le plus de boue possible autour d’eux.
 
Les ventres ronds sont avantagés, mais ils sont nombreux, et le vainqueur remporte un trophée en forme de canette de bière écrasée.
Pour Rick Humphrey, la journée est à la fois une célébration et une auto-dérision de la culture "redneck", même si chacun semble avoir une opinion différente sur ce qui fait un "redneck".
L’une des épreuves consiste ainsi à plonger sa tête dans une bassine d’eau pour récupérer, sans s’aider de ses mains, des pattes de porc crues, censées évoquer les pieds de porc marinés servis dans la plupart des bars du sud américain.
Une chose est certaine — et le concours de lancer de lunettes de toilettes le démontre — le bon goût et la distinction ne sont pas de mises dans cette manifestation et les participants en sont fiers.
"Je suis une redneck parce que je bois de la bière, je fais la fête et que je ne m’en fais pas pour grand-chose", explique Brenda Cross, une femme aux proportions généreuses et à l’âge indéterminé, qui vend de la couenne de porc frite à la foire.
La connotation politique est aussi très marquée avec l’omniprésence, depuis les bikinis jusqu’aux voitures, du drapeau confédéré, derrière lequel s’étaient ralliés les Etats du sud lors de la guerre de Sécession dans les années 1860, en partie parce qu’ils voulaient maintenir l’esclavage.
"Pour certains, un redneck c’est simplement un rural du sud. Pour d’autres, c’est un Blanc dégénéré. Pour les Noirs, c’est le gars qui avait l’habitude de faire claquer le fouet", explique Bobby Johnson, qui tient le stand de l’ultra-conservatrice Ligue du Sud.
Mais pour Rick Humphrey, l’intérêt de ces jeux, c’est surtout que rien ne peut vraiment aller de travers, "parce que ne c’est qu’un tas de rednecks qui boivent de la bière, sautent dans la rivière et ne s’inquiètent de rien".

Un système de santé en crise

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Hôpitaux bondés, services d’urgence débordés, malades non assurés… Au Texas, plus encore que dans les autres Etats d’Amérique du Nord, la crise du système de santé est manifeste, explique le quotidien américain USA Today.
 
Un jour, Ijeoma Onye s’est réveillée le souffle court, la tête bourdonnante. Sa fille, Ebere Hawkins, l’a immédiatement emmenée à l’hôpital Ben Taub de Houston, où les malades ne bénéficiant pas d’une assurance-maladie peuvent être soignés gratuitement ou moyennant une somme modique.
 
Ijeoma, âgée de 62 ans, a dû patienter des heures avant de voir un médecin. Pourtant, les urgences constituaient la solution la plus rapide, car «obtenir un rendez-vous prend des mois», explique Ebere.

 
L’hôpital Ben Taub est le coeur du district hospitalier du comté de Harris, un réseau d’hôpitaux et de centres de soins qui accueillent les quelque 1,1 million de résidents de la région de Houston privés d’assurance-maladie, et des centaines de milliers de personnes mal couvertes.
 
Ici, le chiffre de 45 millions d’Américains privés d’assurance-maladie est plus qu’une statistique. C’est le signe d’une crise bien réelle. Au plan national, plus de 15 % d’Américains n’ont pas de couverture maladie. Ce chiffre atteint le niveau record de 24 % au Texas.
 
L’exemple de Houston ressemble à un avertissement : lorsqu’on laisse la situation s’aggraver jusqu’à ce que près d’un tiers des habitants n’aient pas d’assurance-maladie, non seulement la population est en moins bonne santé, mais le système de soin est totalement débordé. «Le Texas est le parfait exemple d’implosion du système de santé», insiste Guy Clifton, un neurochirurgien.
 
A l’instar d’autres Etats, le Texas connaît des problèmes multiples. Les petites entreprises privent de plus en plus leurs salariés de couverture maladie, et les subventions fédérales et locales sont insuffisantes. A cela s’ajoutent les baisses des taux de remboursement des forfaits hospitaliers décidées par les assureurs, qui poussent les hôpitaux à réduire leurs services déficitaires, notamment les urgences.
 
Devant le nombre croissant de patients non assurés, les professionnels de santé sont obligés de faire des choix pour décider qui doit être soigné et quand. «Bien sûr que nous rationnons les soins», lâche Kenneth Mattox, directeur du personnel de l’hôpital Ben Taub.
 

Certains Etats ont entrepris de régler le problème, notamment le Massachusetts, le Vermont et le Maine. La Californie, l’Illinois et la Pennsylvanie commencent à leur emboîter le pas et de plus en plus d’Etats s’efforcent de mettre en place des systèmes permettant d’assurer d’abord les enfants puis, à terme, tous les résidents.
 
Mais, partout, l’augmentation du nombre de malades non assurés a conduit les services d’urgence des hôpitaux au bord du précipice.
 
A l’échelon national, le nombre de consultations aux urgences est passé de 93 millions en 1994 à 110 millions en 2004, soit une hausse de 18 %. Au Texas, cette augmentation a été de 33 % et elle a même atteint plus de 50 % dans la région de Houston. Dans le même temps, le nombre de services d’urgence a été réduit de 12 % dans l’ensemble du pays.
 
Résultat : ils sont surchargés en permanence. «Quand je suis arrivée, ce matin, il y avait des gens qui attendaient depuis la veille», explique Kellie Manger, infirmière à Ben Taub.
 
Près de la moitié des patients qui se présentent ont besoin de soins de base. «Nous voyons beaucoup de malades qui n’ont pas été chez le médecin depuis des années», explique Katherine King-Casas, médecin urgentiste.
 
Même lorsqu’ils parviennent à voir un médecin, les malades n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments. «On leur fait une ordonnance, on les renvoie chez eux, mais leur santé ne s’améliore pas», regrette Efrain Garcia, cardiologue à San Jose.
 
Face à ce désastre, le Texas a récemment pris des mesures. Ainsi, le mois dernier, une nouvelle loi a permis d’inscrire 127 000 enfants de plus au programme d’assurance-maladie infantile, dont bénéficient désormais près de 300 000 mineurs. Les législateurs ont également lancé un nouveau programme visant à assurer 200 000 adultes de plus.
 
Richard Wolf, USA Today, New York
 
NB: Sicko, le dernier film de Michael Moore – auteur de Fahrenheit 9/11 et de Bowling for Columbine –, dénonce les carences du système de santé américain, dont 45 millions de personnes sont exclues parce qu’elles ne peuvent payer leur assurance privée. Le film prend comme contre-exemples les cas français, britannique et canadien, mais sans en montrer les problèmes. Sorti le 29 juin aux Etats-Unis, Sicko a réalisé 4,5 millions de dollars de recettes en quatre jours. Le film sortira en France le 17 octobre 2007.

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